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Finance responsable – L’enfer est pavé de bonnes intentions

INTRODUCTION – L’ENFER EST PAVÉ DE BONNES INTENTIONS

Toujours dans le cadre de ma recherche sur l’investissement socialement responsable[1], précisément, sur mes premiers constats après l’analyse des données reçues[2], je poursuis mes lectures sur le sujet. Plusieurs de ces lectures portent sur les différentes politiques, normes et engagements qui ont vu le jour au fil des ans, tel le pacte mondial ainsi que les principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (PRI), la norme ISO 26000, et l’investissement à impact élevé, pour n’en nommer que quelques-uns.

Ainsi, j’ai fait l’achat d’un livre sur le sujet « Éléments de la finance responsable : une perspective multidimensionnelle »[3], un collectif de textes en lien avec la finance responsable, dirigé par des collègues, professeurs à l’Université de Sherbrooke (Frank Coggins, Claudia Champagne et Lyne Latulippe) et appuyé par des écrits rédigés par des experts du domaine.

Cet excellent recueil de textes, que je nommerai « livre de référence » pour cet article, est divisé en cinq parties, soit :

Première partie                – Quelques éléments de l’investissement responsable

Deuxième partie              – La prise en compte des risques extrafinanciers dans les marchés financiers et le rôle des institutions financières

Troisième partie              – La gestion d’entreprise et les facteurs environnementaux, sociaux et de saine gouvernance

Quatrième partie            – L’éthique fiscale, un enjeu pour la gouvernance d’entreprise et les finances publiques

Cinquième partie             – La finance responsable : de la criminalité financière à l’intégrité financière en passant par la réglementation

Le site « expression.fr » nous apprend que « L’enfer est pavé de bonnes intentions. » signifie en d’autres mots, « Les meilleures dispositions d’esprit, les bonnes intentions peuvent conduire aux pires résultats. »[4]

C’est en débutant la lecture de ce recueil de textes que cette expression sur l’enfer m’est revenue à l’esprit. Lorsqu’on prend connaissance de tout ce qui s’écrit dans ce domaine au fil des ans et le volume de nouveautés aux cours des dernières années, c’est à en perdre son latin… une autre expression d’époque![5]

INVESTISSEMENT RESPONSABLE – LE DÉFI D’UNE NORME INTERNATIONALE

Dans mon article sur mes premiers constats de mon projet de recherche, j’ai mentionné que la professeure-chercheuse Coline Ruwet avait écrit un article expliquant le cheminement ayant donné la « norme » ISO 26000. Dans l’article en question, on donnait la recette parfaite pour s’assurer qu’en fin de compte, les normes, règles ou lois que nous souhaitons mettre en place n’auront pas de « dents ».

Il ne faut pas devenir cynique, car la majorité des acteurs impliqués dans la mise en place de ces réglementations sont remplis de bonnes intentions. En effet, deux des auteurs des textes composant le livre de référence, M. Arnaud Celka et Daniel Simard, rapportent à la page 10 que les signataires mentionnaient « Nous sommes convaincus que cela nous rendra plus à même de répondre à nos engagements envers les bénéficiaires et de mieux faire concorder nos activités d’investissement avec les intérêts généraux de la société. ».

Ou encore, comme l’écrit la leader de pratique ESG[6] au sein du Mouvement Desjardins, Mme Rosalie Vendette à la page 31 du même livre de référence et que je me permets de résumer ainsi : « Les motivations derrière le développement de cette approche sont basées sur des principes et des valeurs de l’investisseur pour une plus grande justice sociale et afin de s’adresser au côté rationnel et légal de ce même investisseur dans le but de réduire les risques financiers. ».

Le défi n’est donc pas lié aux intentions des acteurs, mais dans le fait que les effets des principes discutés sont basés sur la perception de chacun et qu’il est ainsi difficile d’en arriver à un consensus simple de ce que seront ces principes communs. Il devient alors ardu de s’entendre sur un texte clair ayant la même signification pour chacun, et cela autant au point de vue légal que financier.

Nous n’avons qu’à nous rappeler la difficulté pour obtenir un consensus sur la déclaration finale lors du sommet du G7 qui s’est tenu au Québec en 2018 alors que le Président Trump est revenu sur son acceptation de la déclaration qu’il avait pourtant acceptée avant de quitter le sommet!

RÉDUIRE LE RISQUE FINANCIER – UN OBJECTIF QUI PLAIRA À TOUS LES INVESTISSEURS

Le plus triste est que l’investissement responsable réduit les risques financiers, comme nous le rappelle le professeur Amois Sodjahin, à la page 55 du livre de référence, alors qu’il mentionne « On peut regrouper en trois théories les principaux arguments qui postulent que l’investissement responsable permet de réduire les risques financiers. Ces arguments impliquent (1) la théorie des parties prenantes (2) la théorie des marchés segmentés et (3) la théorie de l’assurance. ». Dans son texte, le professeur Sodjahin explique plus en détail les différentes études démontrant sans équivoques ce point.

Alors pourquoi n’y a-t-il toujours pas de normes internationales avec des « dents »? Sans être simpliste, on pourrait résumer la problématique de l’adoption de normes internationales, au manque de confiance entre les différents acteurs visés. En effet, malgré les meilleures intentions des acteurs de respecter l’entente pour ce qui est de leur propre entreprise ou leur propre pays, dépendamment de l’acteur impliqué, ces mêmes acteurs n’ont pas toujours confiance que l’autre partie respectera ladite entente.

IL EST ENCORE TEMPS… DE TROUVER UN CONCENSUS

Rappelons-nous les nombreux pourparlers entre les ÉUA et l’ancienne URSS, pour ce qui était du démantèlement des armes nucléaires, du moins, une réduction de celles-ci. Malgré la logique de la chose, les deux acteurs ne se faisaient pas confiance et l’essentiel des arguments était en lien avec le fait de comment s’assurer que l’autre respecterait l’entente. Des observateurs internationaux étaient le choix censé, mais, lesquels, de quels pays? Ce pays était-il vraiment indépendant face aux deux acteurs? À défaut, ne serait-il pas biaisé lors de sa vérification du traité par l’un des deux acteurs?

Ainsi et malgré l’importance d’avoir des normes en matière de respect de l’environnement, des droits des travailleurs (droits des personnes), des lois sur le commerce (ex. droits d’auteurs) et plusieurs autres lois qui sont appliqués et respectés dans plusieurs pays, ce n’est pas le cas dans tous les pays, il devient extrêmement difficile de s’entendre sur des normes contraignantes et c’est pourquoi, dans mon article sur mes premiers constats, j’ai pris le soin mentionner, au sujet d’ISO 26000, qu’il s’agit d’une norme « volontaire » afin d’encourager les entreprises à y adhérer.

Cependant, comme il fût éventuellement possible de convenir d’un traité pour la réduction des armes nucléaires, il est possible de convenir à des normes internationales sur l’investissement responsable ou, plus largement, la finance responsable. Il est donc encore possible de penser qu’un jour, nous adopterons des normes qui seront respectées et vérifiées de façons crédibles et acceptées par tous.

Tout comme la réduction des armes nucléaires a été réalisée grâce aux pressions exercées par les citoyens des pays visés, principalement les ÉUA et ses alliés, il est tout à fait possible que ces mêmes citoyens se mobilisent pour obliger leurs gouvernements respectifs à adhérer à des normes internationales qui seront connues de tous et qui permettront à ces mêmes citoyens de faire des choix d’investissement et de consommation en fonction du respect de leurs valeurs.

Pour ce qui est des gouvernements, ils seront à même de punir les entreprises, et les pays, qui ne respecteront pas ces normes, via une taxe à l’importation, laquelle financera la conversion d’entreprises souhaitant adapter leur organisation au respect de ces mêmes normes.

ACTIONNARIAT RESPONSABLE – UNE AVENUE DÉJÀ EXPLOITÉE

Il ne faut pas passer sous silence tous les efforts que plusieurs actionnaires sensibles à l’environnement ont effectués au cours des dernières années. Grâce au poids de leurs actions, ils ont réussi à faire faire des changements aux différents conseils d’administration visés. On pense facilement aux actions entreprises pour limiter les salaires de la haute direction, mais plusieurs de ces gestes le furent aussi pour l’environnement.

C’est d’ailleurs le sujet du chapitre 1.4 du livre de référence, qui fût rédigé par les professeurs Hajer Tebini, Bouchra M’Zali et Homayoon Shalchian. Dans leur texte, ceux-ci débutent par un rappel historique des débuts de l’engagement actionnarial et ils mentionnent que : « Le processus d’engagement peut revêtir divers mécanismes ; le dialogue avec l’entreprise, les propositions de résolutions, le vote (par procuration) en assemblée générale et le désinvestissement. ».

Ce même engagement actionnarial peut aussi être exercé via les caisses de retraite. À titre d’exemple, la caisse de retraite des professeurs d’une université pourrait, certaines le font déjà, exiger que les investissements soient en lien avec certaines normes au niveau des placements, mais peuvent aussi, exiger qu’une entreprise change telle ou telle façon de faire et qu’à défaut de se conformer, ils retireront leur investissement au sein de l’entreprise fautive (désinvestissement).

CONCLUSION – QUELLES ACTIONS POSER?

La jeune militante suédoise Greta Thunberg souhaiterait simplement que les gouvernements écoutent les scientifiques. Personnellement, je crois que nous avons dépassé cette étape depuis longtemps, il est temps d’agir sur les fautifs en les identifiant grâce à des normes internationales comme ISO 26000, celles de l’ONU ou d’autres existantes et tout à fait pertinentes. Il s’agit d’adhérer à des règles communes mesurables et vérifiables, un principe simple, mais, je comprends, difficile à mettre en place.

Malgré le degré de difficulté que cela représente, il y va de la santé de notre planète, mais il y va aussi de la compétitivité de nos entreprises canadiennes qui seront pénalisées en respectant nos propres lois alors que plusieurs compétiteurs étrangers ne respectent ni leurs propres lois et encore moins, les lois internationales.

Il est maintenant temps que les gens sensibles à l’environnement et aux droits du travail s’associent avec les entreprises canadiennes et forcent nos gouvernements à agir sur ce sujet. Cessons de nous percevoir comme des opposants, nous ne le sommes pas. C’est cette opposition des uns contre les autres qui nous ont fait perdre tant d’années.

 

Qu’en pensez-vous ?

Des gestes concrets de la part de nos gouvernements pour la mise en place d’une norme reconnue mondialement pour vos investissements et vos achats, cela vous dirait?

 

 

 

[1] https://hexagoneconseils.ca/2018/10/08/mon-projet-de-recherche-universitaire/

[2] https://hexagoneconseils.ca/2019/10/15/ma-recherche-sur-linvestissement-socialement-responsable-isr-mes-premiers-constats/

[3] https://www.editionsyvonblais.com/detail-du-produit/elements-de-finance-responsable-une-perspective-multidimensionnelle/

[4] http://www.expressio.fr/expressions/l-enfer-est-pave-de-bonnes-intentions.php

[5] http://www.expressio.fr/expressions/perdre-son-latin.php

 

 

[6] ESG = Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Ma recherche sur l’investissement socialement responsable (ISR) : Mes premiers constats

INTRODUCTION

Il y a plusieurs mois, j’ai mentionné que je débutais une recherche sur les fonds socialement responsables. Récemment, en discutant avec des collègues et amis, j’ai compris que plusieurs se questionnaient sur le fruit de mes recherches.

Ma recherche sur l’investissement socialement responsable (ISR) en tant que telle est loin d’être terminée, mais j’ai pensé vous partager mes premiers constats en guise d’article mensuel.

MA RECHERCHE

Un résumé de mon projet de recherche est disponible ici[1] :

Dans un premier temps, j’ai fait la demande d’obtention des investissements au sein de fonds communs de placement (ISR et traditionnel) auprès d’une grande institution financière canadienne.

Une fois obtenue la liste des fonds communs de placement offerts aux clients de cette institution financière canadienne, j’ai examiné les titres détenus par chacun de ces mêmes fonds.

L’idée étant de faire le tour des différents titres détenus en fonction de la mission environnement, éthique ou autres de certains fonds, vis-à-vis les fonds qui ne partageaient pas cette mission.

Afin d’y voir plus clair, j’ai déterminé 10 catégories qui pourraient m’aider à mieux comprendre les types d’investissements effectués dans les fonds communs de placement offerts aux Canadiens.

À titre d’exemple, les catégories choisies sont :

Tableau

J’ai donc commencé à catégoriser chacun des titres des entreprises détenus dans chacun des portefeuilles afin de mieux comprendre dans lesquelles elles évoluaient.

CONSTATS

Mon premier constat fût que les possibilités d’investissement dans des titres canadiens n’étant pas liés au secteur des ressources naturelles comme le pétrole, les mines et les produits chimiques, étaient limitées, c’est le moins que je peux dire.

Tout en catégorisant les différentes entreprises, j’ai fait un deuxième constat, lequel m’a amené à réfléchir et à me poser la question suivante : est-ce que cette entreprise est vraiment dans cette catégorie « x » ou devrait-elle être dans cette autre catégorie « y » lorsqu’on considère les clients qu’elle dessert?

COUPABLES PAR ASSOCIATIONS?

Prenons un exemple : Tout le monde s’entend sur ce qu’est un « vendeur de drogues », dans le sens de la cocaïne, mais est-ce que le producteur est moins coupable que le vendeur, que le distributeur ou même le financier?

En effet, si je produis la plante nécessaire à la production de cocaïne, j’ai besoin de financement pour débuter ma production. J’ai besoin de travailleurs pour les champs, d’outils pour ceux-ci, de produits chimiques pour ma récolte, etc.

Par la suite, je dois amener ma production de cocaïne à mes clients. J’ai besoin de transport, de distributeurs, de facilitateurs (ceux qui ferment leurs yeux, mais ouvrent leurs poches), des vendeurs, des collecteurs pour les récalcitrants, etc.

La majorité des gens vous diront que tous les intervenants ci-haut mentionnés sont « complices » de trafic de drogue, ce qui inclut le volet blanchiment des produits de cette criminalité (lavage d’argent) pour récupérer les fruits de mon travail de producteur de cocaïne.

Ainsi, si je prends mon exemple de narcotrafiquants et que je le transporte dans un domaine tout à fait légal, mais « socialement répréhensible » comme le tabac (marché de la cigarette). Sans vouloir « casser du sucre » sur le dos de l’industrie du tabac, j’avoue qu’on pourrait aussi considérer le cannabis et/ou même l’alcool, mais puisque même l’industrie du sucre n’a pas bonne presse en ce moment évitons de casser quoi que ce soit sur le dos de qui que ce soit!

En bref, c’est essentiellement la même problématique que pour la cocaïne. Quoiqu’il soit facile d’identifier, lire cibler, les producteurs ou les vendeurs de tabac, de cigarettes ou d’autres produits légaux, mais d’acceptation sociale difficile, qu’en est-il de leurs financiers, fournisseurs, transport, main-d’œuvre, etc.?

LA VERTU TEINTÉE?

Si l’on revient à ma liste des 10 catégories, le producteur (RESSOURCES NATURELLES), le financier (FINANCES), le fournisseur d’outils (PRODUCTION & VENTES), le fournisseur des produits chimiques (RESSOURCES NATURELLES), les vendeurs (PRODUCTION & VENTES) et même le transport (TRANSPORT), seraient toutes des entreprises dans lesquelles je ne pourrais investir « socialement ».

Certains diront que selon le pourcentage du volume d’affaires d’un fournisseur avec un client « inacceptable » on pourrait fermer ou non les yeux, mais qui décide du pourcentage acceptable socialement? Qui le valide? Si on y va en fonction de l’effort, qui le mesure? Qui le décide?

C’est cette réalité qui a amené certains membres de l’industrie de fonds communs de placement à mettre en place des balises qui permettent aux entreprises de secteurs inacceptables socialement d’affirmer faire les efforts pour s’améliorer, mais les efforts aux yeux de qui et quels efforts réels?

Est-ce que chaque institution financière, chaque gestionnaire de fonds commun de placement dans chaque pays va faire ses propres règles? Indépendamment du sérieux de ces règles, comment les comparer les unes aux autres?

Étant donné ce que je viens de mentionner, il devient difficile de bien comptabiliser ce qui est et n’est pas un « investissement socialement responsable » dans chaque fonds commun de placement sans connaître la composition du volume d’affaires de chaque entreprise et sans s’entendre sur le fameux pourcentage acceptable.

Il devient trop facile d’éliminer une catégorie comme RESSOURCES NATURELLES et de conserver une comme FINANCES ou même INFORMATIQUE.

Est-ce qu’une entreprise impliquée dans les RESSOURCES NATURELLES ne serait pas automatiquement rejetée alors que ce qu’elle fait est tout à fait socialement acceptable?

N’oublions pas son contraire. Une entreprise en INFORMATIQUE qui n’a qu’un seul client de la catégorie RESSOURCES NATURELLES serait acceptée, car catégorisée de façon socialement responsable?

J’AVAIS PENSÉ À UNE SOLUTION ORIGINALE, MAIS ELLE EXISTE DÉJÀ… EN FAIT, PAS VRAIMENT!

Afin de régler cette situation, je me suis dit qu’une solution fort simple à cette problématique et, encore une fois, il ne s’agit pas de réinventer la roue, serait d’avoir une norme internationale en ce sens. En effet, la plupart d’entre nous avons entendu parler des normes ISO (International Organization for Standardization[2]) ou en français, « Organisation internationale de normalisation » pour ce qui est des standards de qualité (ex. ISO 9000, ISO 9001, etc.).

En fonction de normes acceptées mondialement sur ce qu’est l’investissement socialement responsable, comme celles des Nations-Unies par exemple, nous pourrions certifier les entreprises en fonction d’une norme ISO-ISR (Organisation internationale de normalisation – Investissement socialement responsable).

Cette norme ISO-ISR pourrait être déclinée en fonction des différentes catégories possibles, qu’elles soient socialement responsables ou non. Par la suite, une sous norme pourrait permettre aux entreprises faisant des efforts démontrables qu’elles se qualifient dans la sous-catégorie en question. Le tout serait validé et contrôlé comme le sont les normes ISO reconnues mondialement.

Simple n’est-ce pas ? Ça pourrait l’être! La norme ISO 26000[3] existe déjà et elle couvre une partie des points que j’ai soulevé. Cette norme est en vigueur depuis 2010 (Initiée en 2001). Le problème? Vous la connaissez cette norme? Vous avez déjà fait vos achats en fonction de cette norme? Vous l’avez vu afficher sur un bâtiment d’entreprise quelconque?

Dans les faits, les raisons pour lesquelles cette norme est « sans dents » sont expliquées par Coline Ruwet dans « La RSE négociée : règles du jeu et contenus – Le cas d’ISO 26000[4] » où l’auteur conclut qu’« Aucune mesure ne fut en effet véritablement mise en place pour que les nouveaux droits formels reconnus à certaines catégories d’acteurs se traduisent en une influence réelle. ». En bref, il s’agit d’une norme « volontaire » afin d’encourager les entreprises à y adhérer.

AVOIR UN LEVIER POUR FORCER DE VRAIS CHANGEMENTS

Actuellement, plusieurs investisseurs se fient à la documentation « marketing » pour bien dormir face à leurs investissements socialement responsables et déchantent lorsqu’ils apprennent qu’une entreprise controversée fait partie de leurs investissements, à l’intérieur de leurs fonds communs de placement socialement responsables (ex. une pétrolière).

Avec une norme reconnue, ces mêmes investisseurs pourraient remplir un questionnaire pour déterminer leurs taux de tolérance à ce qui est et n’est pas socialement responsable en fonction de leurs propres valeurs. Ils pourraient choisir que seules les entreprises socialement responsables fassent partie de leurs portefeuilles ou, ils pourraient accepter que celles qui font des efforts démontrés en fassent aussi partie.

Pour les entreprises n’ayant pas une certification positive, des taxes à l’importation pourraient être prélevées, taxes qui contribueraient à un fonds dans le but d’aider les entreprises souhaitant améliorer leur certification. Lors d’une demande de financement, une bonne certification permettrait l’obtention d’un taux d’intérêt plus avantageux. Des crédits d’impôt pourraient même être octroyés à celles dont la certification est aussi positive.

Finalement, nous tous, en tant que consommateurs, pourrions pénaliser les entreprises fautives et encourager celles qui répondent aux certifications positives. Cela s’applique aux consommateurs canadiens, mais aussi à tous les consommateurs de la planète.

De cette façon, nous pourrions standardiser ce qu’est l’effort acceptable ou souhaitable et avoir un impact sur le comportement des entreprises fautives puisque l’obtention d’une certification pour cette norme aurait des impacts sur leur coût de financement, sur leurs ventes, sur leurs actions en bourse et, cela va de soi, sur leur image au niveau des consommateurs.

CONCLUSION

J’aimerais faire un lien avec le documentaire « American Factory : Un milliardaire chinois en Ohio » actuellement disponible sur Netflix. On y explique les dessous de l’implantation d’une usine de l’entreprise « Fuyao Glass Industry Group » aux États-Unis (Ohio).

Au-delà du choc culturel, on y apprend que les façons de faire au niveau du respect des employés et de l’environnement peuvent être très différentes d’un pays à l’autre. Au point où, après avoir visionné le documentaire, on pourrait prendre la décision de ne pas faire de commerce avec cette entreprise.

Le mois dernier, j’ai fait remplacer mon pare-brise et lorsque je me suis rappelé le documentaire, j’ai vérifié le nom du fabricant, ce n’est pas celui du documentaire, mais son « chairman » est propriétaire d’un très important bloc d’actions de l’entreprise en question. Comme dans cet article, coupable par association?

Ainsi, j’ai indirectement encouragé une entreprise avec laquelle je ne souhaitais pas faire de commerce, car il n’y a pas d’étiquette comme un ISO-ISR pour nous permettre de nous y retrouver facilement.

Cela demande une bonne réflexion alors que nous sommes tous prêts à aller manifester dans la rue et que le vrai pouvoir pour changer les choses, il est dans notre portefeuille!

Qu’en pensez-vous ?

Une norme reconnue mondialement pour vos investissements et vos achats, cela vous dirait?

 

 

 

[1] https://hexagoneconseils.ca/2018/10/08/mon-projet-de-recherche-universitaire/

[2] https://www.iso.org/fr/home.html

[3]http://www.oree.org/_script/ntsp-document-file_download.php?document_id=884&document_file_id=885

[4] https://www.cairn.info/publications-de-Ruwet-Coline–51414.htm De Boeck Supérieur, « Négociations », 2012/2 n° 18, pages 93 à 108

La fiducie testamentaire OU comment garder le contrôle sur ses biens tout en étant décédé!

Les gens avec de l’expérience, lire, les plus âgés, vous diront que la vie ne se déroule jamais comme on l’a planifié, elle est remplie de surprises. La plus grande d’entre elles est sans doute « l’amour », on imagine rencontrer l’être cher et fonder une famille pour toute une vie… la réalité peut-être tout autre.

Il n’est pas rare aujourd’hui de côtoyer des gens qui ont un, deux et même trois enfants avec un, deux… et même, trois partenaires différents. Comment s’assurer que tout ce beau monde sera bien protégé suite à notre départ pour un « monde meilleur »? Comment avantager (protéger) notre partenaire au moment de notre décès sans désavantager nos enfants d’un, deux ou même trois lits différents?

Une fiducie testamentaire est souvent une solution utilisée puisqu’elle nous permet de la personnaliser en fonction de nos besoins spécifiques et qu’elle prend « vie » au moment de notre décès. Cependant, elle doit être incluse dans notre testament, raison de plus pour consulter un notaire[1], expertise oblige.

Prenons un exemple. Jean est en couple avec Ginette. Ensemble, ils ont 1 enfant. Jean, de son côté, en avait déjà 2 lorsqu’il a rencontré Ginette. De plus, Ginette en avait déjà 1 avant de rencontrer Jean. En bref, 1 couple avec 4 enfants directs et indirects.

 À son décès, Jean souhaite que Ginette conserve la résidence familiale, mais il y a aussi un chalet… Comment s’assurer que Ginette puisse poursuivre sa vie en l’absence de tracas sans pour autant ne rien laisser aux 3 enfants dont Jean est le père biologique?

 Dans une fiducie testamentaire, on peut préciser que Ginette profitera de la résidence et du chalet jusqu’à une certaine date ou même, jusqu’à son décès. Par la suite, la résidence et/ou le chalet pourront être vendus ou transférés à l’un ou aux trois enfants de Jean. Le fruit de la vente de la résidence et/ou du chalet pourra aussi être partagé entre les trois enfants de Jean et ce dernier pourrait même prévoir un montant ou un pourcentage de cette vente pour l’enfant de Ginette dont il n’est pas le père biologique.

Contrairement au testament, lequel exige de mettre en œuvre les dernières volontés peu après le décès, la fiducie testamentaire est beaucoup plus flexible dans le temps.

Cet instrument permet de mieux gérer la transition suite à notre décès et cela est vrai pour des situations comme celle utilisée en exemple, mais cela peut aussi être un outil des plus utile pour un entrepreneur qui souhaite assurer une transition dans la direction de sa propre entreprise advenant une situation ou ses enfants ne sont pas encore prêts à prendre la relève.

Cela me rappelle un événement alors que j’exerçais comme planificateur financier. Un couple de clients s’occupait de leur plus jeune enfant de 28 ans. Atteint de trisomie, celui-ci avait une certaine autonomie, il occupait un emploi et pouvait se débrouiller seul pour la majorité des tâches quotidiennes. Ses parents l’accompagnaient pour les aspects plus compliqués de la vie, comme les finances personnelles. Ses parents étaient très inquiets. Qui s’occuperait de leur plus jeune fils à leurs décès? Il avait bien une grande sœur, mais ils auraient souhaité qu’elle ne soit pas seule face à cette responsabilité.

Une fiducie testamentaire peut répondre à ce genre d’inquiétude et prévoir un budget, des dépenses, un encadrement professionnel lorsque nécessaire, et tout cela, sous la direction de la grande sœur qui ne sera pas seule une fois les parents décédés pour s’occuper de son jeune frère trisomique. De plus, advenant le décès de la grande sœur avant le petit frère, la fiducie testamentaire veillera au bien-être financier de ce dernier jusqu’à son décès. Pour ce qui est du solde de la fiducie testamentaire au moment du décès de ce dernier, il pourra être distribué comme le souhaite celui qui l’a mise en place initialement.

Je vous encourage à consulter le site de la « Chambre des notaires du Québec », il est rempli d’informations à ce sujet[2]. On y mentionne les héritiers vulnérables, les directives à long terme, l’épargne/fiscalité et d’autres informations fortes utiles.

 LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce genre de conseil fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous accompagnera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[3]:

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalités, placements, retraite et succession.

 Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[4].

[1] http://www.cnq.org/

[2]http://www.cnq.org/fr/succession-testament/104-a-quoi-sert-le-testament-fiduciaire-.html

[3] https://www.iqpf.org/services-au-public

[4] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

La retraite – Le plus long voyage de votre vie!

Récemment, j’ai dû me rendre à Québec pour une rencontre.

À partir de Montréal, j’ai utilisé l’autobus et le train. Avant mon départ, j’ai réservé mon billet de train via l’application de « Via Rail » et confirmé l’heure de mon autobus via « Citymapper ». Un peu comme un voyage « tout inclus », je me suis débrouillé seul.

Ce n’était pas la première fois que je fonctionnais de cette façon et le tout s’est très bien déroulé, comme prévu. Je dois avouer que les premières fois, tout ne s’est pas déroulé comme prévu, ce qui m’a occasionné des retards et quelques inconvénients peu coûteux. À chaque voyage d’affaires ou pour le plaisir, j’ai appris et amélioré mon expérience.

La retraite aussi ressemble à un voyage. On a une idée de ce qu’on veut faire, où on veut aller et comment on fera tout cela. Cependant, pour la planification de ce long voyage, on ne pourra pas recommencer, on a qu’une chance de bien la réaliser.

Je m’explique. Lorsqu’on planifie un voyage, le premier point à déterminer est le coût (budget) du voyage. Ainsi, si notre budget est de 5,000$, les destinations et accommodations choisies le seront en fonction du respect de ce même budget. Dans les faits, probablement, qu’on prévoira 4,500$ afin de laisser une marge de manœuvre pour les imprévus.

Au retour de notre voyage, on fait le « post-mortem » de notre aventure et on améliore la planification de notre prochain voyage. Chaque expérience s’améliore, car on a plus de vécu. En fonction de la courbe d’apprentissage de chacun, nos voyages sont de plus en plus personnalisés en fonction de nos besoins.

Pour la retraite, c’est un peu la même chose. Dans un premier temps, on s’imagine à la retraite. Que fera-t-on? Comment occuperons-nous notre temps? Quelles seront nos dépenses annuelles de base comme le logement, la nourriture, la voiture, etc. Par la suite, on ajoute un montant estimé pour nos loisirs, pour voyager par exemple.

Il faudra aussi prendre en considération que nos projets seront tributaires de notre âge et de notre état de santé. Sans tomber dans les préjugés et les stéréotypes, on comprend que faire le tour de l’Europe est plus réaliste quand on est dans la soixantaine que lorsqu’on est âgé de 82 ans. Il ne faudrait pas que l’assurance-voyage soit plus dispendieuse que le voyage en tant que tel.

Avec ces informations, on est à même d’établir son budget de retraite, son coût de vie de retraité. En fonction de cette information, on calcule le montant annuel (indexé pour l’inflation) nécessaire à la réalisation de nos projets de retraite.

Finalement, en fonction du montant annuel nécessaire, on peut calculer le montant d’épargne, avec ou sans fonds de pension d’employeur, nécessaire au moment du début de notre retraite. Ce montant nous indiquera si aujourd’hui, nous sommes en bonne route pour réaliser notre objectif et si ce n’est pas le cas, les montants supplémentaires à épargner pour y arriver.

Donc, si je résume, on a besoin de deux choses:

# 1 – Quel est le coût annuel de mon projet de retraite?

# 2 – Combien de revenus annuels aurais-je au moment de ma retraite?

Si vous vous trompez sur l’une de ces deux choses, votre plus long voyage risque de devenir angoissant et vous ne pourrez pas corriger la situation la prochaine fois, car il n’y a qu’un seul voyage à la retraite puisque vous n’aurez qu’une seule retraite et qu’elle est permanente.

Quoiqu’il puisse être tentant de fonctionner de façon autonome pour planifier votre plus long voyage à vie, votre retraite, il ne s’agit pas de vos vacances annuelles, vous devriez être accompagné par un expert pour planifier celle-ci.

Votre agent de voyage pour la retraite, c’est un planificateur financier.

Un planificateur financier validera avec vous le coût annuel de votre projet de retraite, grâce à son expérience avec d’autres retraités ou futurs retraités. Votre planificateur financier vous aidera à demeurer réaliste dans le coût de votre projet de retraite, car la majorité d’entre nous est souvent trop optimistes pour nos propres projets. Un regard externe aidera grandement à garder les pieds sur terre.

Par la suite, votre planificateur financier validera les montants qui seront disponibles à la retraite en tenant compte des différents régimes auxquels vous aurez droit et en fonction des actifs déjà accumulés ainsi que de ceux qui le seront d’ici votre retraite. Il tiendra compte de l’inflation et de l’importance de l’indexation de vos revenus de retraités.

De plus, votre planificateur financier regardera votre budget actuel afin de dégager des montants nécessaires à la réalisation de votre projet de retraite, notamment, la gestion de la dette.

En effet, n’oubliez pas que 1,000$ de paiement de dette par mois nécessiteront entre 1,400$ et 1,600$ de revenus bruts mensuels afin de l’acquitter. C’est une moyenne de 18,000$ de revenus de pension annuelle bruts destinés à votre dette.

Si vous êtes l’un des privilégiés qui ont un régime de pension d’employeur, imaginez l’impact de perdre 18,000$ de revenu annuellement. Certaines personnes retardent leur retraite à cause des pénalités pour départ anticipé et le coût en dollars est généralement moins élevé que cela. Il devient donc impératif de rembourser vos dettes avant la retraite.

Finalement, votre planificateur financier s’assurera que les aspects légaux sont couverts (ex. testaments et mandats) ainsi que les protections nécessaires (ex. Assurances).

En bref, si vous avez déjà eu une mauvaise expérience d’une semaine dans un voyage qui était loin de ce que vous aviez prévu, rappelez-vous du « tout-inclus de l’enfer », imaginez toute une retraite…

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce genre de conseil fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous accompagnera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[1]:

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalités, placements, retraite et succession.

 Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[2].

[1] https://www.iqpf.org/services-au-public

[2] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

Faite votre choix : Lequel de vos héritiers est le plus important!

La question se pose, est-ce que vos héritiers du premier lit sont plus importants que ceux du deuxième? Est-ce le contraire? Sont-ils égaux à vos yeux? D’un point de vue légal, ils pourraient bien ne pas l’être si vous n’avez pas prévu le tout dans un testament en bonne et due forme.

Comme le mentionne le site internet de la « Chambre des notaires du Québec »[1] : « En l’absence de testament, c’est la loi qui détermine les personnes qui héritent de vos biens. La succession est alors dite « légale » ou « ab intestat ».

Ainsi, en l’absence d’un testament, c’est le « Code civil du Québec »[2] qui dictera le partage de votre succession. Concrètement, si à vos yeux tous vos enfants sont égaux, ils pourraient ne pas l’être d’un point de vue légal.

Il est donc important de bien réfléchir aux impacts de votre décès sur vos enfants. Comment serait leur vie sans vous? Comment leur parent toujours vivant pourra seul(e) réaliser les rêves que vous avez pour eux?

Il serait donc pertinent d’imaginer ce scénario même si celui-ci n’est pas très optimiste, vous le devez à vos enfants. De plus, il vous appartient de prendre quelques minutes de plus pour imaginer les impacts de votre décès sur votre conjoint(e) actuel(le).

Grâce aux conseils éclairés d’un notaire, vous serez à même de vous assurer que vos rêves se réaliseront malgré votre décès. Évidemment, un testament bien écrit ne remplace pas une couverture d’assurance-vie appropriée. Une fois que les rêves que vous avez pour vos héritiers sont bien établis, vous devriez vous assurer que vos héritiers auront les sommes d’argent nécessaires à la réalisation de ces mêmes rêves.

Prenons un exemple : Robert est un célibataire de 28 ans. Il rencontre Sylvie, une célibataire de 27 ans. Robert n’a pas d’enfant. Sylvie en a deux. Trois ans après le début de leur union, Robert et Sylvie accueillent leur premier enfant ensemble… tout va très bien, mais, Robert décède à 35 ans suite à un accident d’automobile. Robert n’avait pas de testament et ne s’était pas marié avec Sylvie… Qu’arrivera-t-il à sa succession? Qui héritera de quoi? Quand?

Le « Code civil du Québec » répond très bien à ces questions, mais l’important ce n’est pas cela. L’important c’est Robert, il souhaitait quoi? Pour son enfant? Pour Sylvie? Pour les enfants de Sylvie qu’il considérait comme les siens? Et si le hasard avait fait que Sylvie aussi était décédée dans l’accident d’automobile? Qu’arriveraient-ils aux rêves que Robert et Sylvie avaient pour les trois enfants?

Dans le quotidien, on comprend tous très bien l’importance de l’éducation de nos enfants, qu’ils mangent des repas équilibrés, qu’ils fassent de l’exercice via le sport, qu’ils soient exposés à la culture, etc. En tant que parents, le fait de décéder ne change rien dans ce qui est important pour eux.

Il existe trois formes de testaments reconnus : le testament notarié, le testament olographe et le testament devant témoins. Le site educaloi.qc.ca[3] explique les avantages et inconvénients de chacun.

Les formes de testament olographe et devant témoins, pourraient très bien être utilisées dans l’attente de rencontrer un notaire afin de rédiger un testament notarié, car mieux vaut un testament sous l’une de ces formes que pas de testament du tout.

De plus, ces deux mêmes formes de testaments permettent aussi de réfléchir à ce que devrait contenir le testament notarié. L’important c’est qu’à la fin, ce soit le testament notarié qui devrait être choisi pour ces deux raisons principales :

# 1 – Une copie du testament est détenue par la « Chambre des notaires du Québec[4] », ce qui fait que le testament ne peut pas être détruit lors d’un sinistre ou pire, intentionnellement par un héritier déçu de ce que le testament indique à son sujet.

# 2 – Le notaire est un professionnel du droit qui s’assurera que la façon dont le testament est rédigé respectera vos volontés à vous, ce qu’un testament mal rédigé ne fera pas.

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce genre de conseil fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous accompagnera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[5]:

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalités, placements, retraite et succession.

Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[6].

 

 

[1] http://www.cnq.org/fr/succession-testament/107-en-labsence-de-testament-les-conjoints-heritent-ils-lun-de-lautre-au-deces-.html

[2] http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/CCQ-1991

[3] https://www.educaloi.qc.ca/capsules/les-testaments

[4] http://www.cnq.org/fr/succession-testament.html#11

[5] https://www.iqpf.org/services-au-public

[6] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

Vous avez un fonds de pension d’employeur, mêlez-vous de vos affaires!

Il fut un temps… il y a très très longtemps, avant le début des années 80, la très grande majorité des fonds de pension d’employeurs indexait la rente de leurs employés retraités en fonction de l’inflation. Depuis plusieurs décennies, ce n’est plus le cas.

L’inflation « galopante » des années 80 a eu raison de cette indexation. S’ils voulaient conserver la viabilité de leurs fonds de pension, les employeurs devaient prendre des décisions impopulaires.

En plus de l’inflation, les employeurs ont dû composer avec une autre réalité. L’espérance de vie de leurs retraités qui a augmenté de façon importante et avec, le coût pour assurer leurs engagements actuariels auprès de ceux-ci.

Aujourd’hui, l’inflation est sous contrôle, la Banque du Canada vise entre 2% et 3% d’inflation par année, mais notre espérance de vie continue d’augmenter.

La conséquence, la viabilité des fonds de pension des employeurs est toujours aussi menacée, car avec une espérance de vie plus élevée, le montant nécessaire par rentier ne fait qu’augmenter.

C’est ce qui explique que tout comme dans les années 80, alors que la majorité des employeurs ont cessé d’indexer pleinement les rentes de leurs retraités en fonction de l’inflation, depuis quelques années, ces mêmes employeurs sont à la recherche de stratégies afin de diminuer le coût de leurs fonds de pension.

Ainsi, ceux qui détiennent un fonds de pension d’employeur devraient avoir remarqué que plusieurs changements ont été mis en place avec les conditions de leur fonds de pension. À titre d’exemple : Réduction du nombre d’années de rentes garanties, réduction de la réversibilité au conjoint, élimination de l’indexation et, très souvent, augmentation des primes pour les employés toujours actifs ou pire, baisse des rentes pour les employés retraités.

L’aspect le plus négligé de ces changements demeure la non-indexation pleine de l’inflation. Comment grave dites-vous? Disons que vous avez accédé à la retraite en l’an 2000, il y à peine 19 ans. Pour chaque 100$ de dépenses en l’an 2000, vous devez prévoir 145$ en 2019 (2% d’inflation par année). Si votre rente n’a pas été pleinement indexée, vous vous êtes appauvris chaque année depuis l’an 2000.

Dans le cadre de mes activités professionnelles, j’anime des conférences sur la retraite auprès de détenteurs de régime de pension d’employeurs qui sont souvent très étonnés d’apprendre que leur rente de retraité ne sera pas pleinement indexée. Évidemment, nos employeurs ont tendance à mentionner que nos rentes seront indexées, ce qui est en partie correct, mais, pas pleinement indexé. Et pour certaines années, pas indexées du tout.

Certains régimes de retraite sont indexés à compter de 3%. En d’autres mots, le premier 3% n’est pas indexé, seulement si cela dépasse ce chiffre. Par exemple, pour 4% d’inflation, votre rente est indexée de 1%, vous perdez donc 3% par année en pouvoir d’achat.

Lorsque je donne la conférence, les gens s’interrogent sur ce qu’ils peuvent faire face à cette situation. C’est relativement simple, si on est jeune, mais un peu plus compliqué si on est très près de la retraite.

En effet, le REER et le CELI sont deux véhicules permettant d’accumuler des montants à l’abri de l’impôt pour la retraite. Ainsi, lorsque vous serez retraité, vous pourrez utiliser ces placements pour indexer vous-même votre rente de pensionné et vous assurez de maintenir votre pouvoir d’achat tout au long de votre retraite.

Comme je le mentionnais, plus on a de temps devant nous, plus on aura l’avantage des intérêts composés de notre côté. Par contre, lorsqu’on est jeune, on a souvent un revenu moindre et des dépenses plus élevées. L’épargne systématique est une façon reconnue d’épargner pour la retraite tout en respectant son budget.

Si on est à quelques années de la retraite, il n’est pas nécessairement trop tard. Contrairement aux plus jeunes, à ce moment de notre vie, nos revenus sont souvent plus élevés et nos dépenses le sont moins. De plus, on a aussi accumulé des droits REER inutilisés qui pourront nous servir dans nos dernières années de travail.

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Que l’on soit jeune ou moins jeune, il y a des solutions, mais l’important c’est de vous mêler de vos affaires, de rencontrer un planificateur financier afin de prendre connaissance de votre situation et de bâtir une stratégie personnalisée pour vous.

Effectivement, ce genre de conseil fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous accompagnera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[1]:

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalités, placements, retraite et succession.

Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[2].

[1] https://www.iqpf.org/services-au-public

[2] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

Retraite à 55 ans, du rêve au cauchemar

RETRAITE À 55 ANS, DU RÊVE AU CAUCHEMAR

Il fut un temps où nous étions « bombardés » de publicité sur la retraite à 55 ans, le fameux « Liberté 55 ». Exception d’une minorité des employés de l’État, très peu d’entre nous peuvent aspirer à prendre leur pleine retraite à l’âge de 55 ans.

Tout comme on ne peut empêcher un cœur d’aimer, on ne peut empêcher quelqu’un de rêver, le rêve, c’est ce qui fait vivre « Loto-Québec » depuis plusieurs années.

Par contre, pour certains, la retraite à 55 ans c’est un cauchemar. Je parle de ceux et celles qui perdent leur emploi au milieu de la cinquantaine et qui peinent à se replacer sur le marché du travail, principalement en raison de leur âge. Pour eux la retraite qui découle d’une perte d’emploi imprévue et d’une incapacité à trouver un poste, c’est un cauchemar.

PLANIFIER SA RETRAITE (PLAN A –TOUT VA BIEN)

Lorsqu’on débute sur le marché du travail, souvent dans la vingtaine, on peine à imaginer d’être aussi obsolète dans la cinquantaine que le serait un « iPhone 4 » en 2018.

Malheureusement, on doit toujours prévoir le pire quand on planifie. En effet, ce n’est pas quand tout va comme prévu qu’on regrette d’avoir planifié plusieurs scénarios, c’est quand les choses vont moins bien.

Il est donc plus prudent de prévoir d’autres scénarios que notre projet initial de retraite. À titre d’exemple, on peut faire une belle planification de retraite pour notre 65e anniversaire, mais, pourquoi ne pas faire un scénario pour 55 ans, au cas où?

PLANIFIER SA RETRAITE (PLAN B – OPTION ZÉRO DETTE)

Dans ce scénario B, on pourrait prendre le montant qu’on prévoit avoir accumulé à l’âge de 55 ans et voir quelles sont les alternatives.

À titre d’exemple, si Henry, 30 ans en 2018, prévoyait avoir accumulé la somme de 750,000$ au moment de son 65e anniversaire pour assurer sa retraite, quel serait le montant accumulé à 55 ans? Disons que la réponse est 500,000$.

À 55 ans, Henry perd son emploi de représentant senior à 100,000$ par année et ne peut espérer qu’un nouveau poste de représentant junior, à temps partiel, à 35,000$ par année.

Quelles sont ses options? L’une d’elles serait de ne plus contribuer à son plan de retraite et de laisser son 500,000$ déjà accumulé fructifier en attendant sa retraite.

Afin de conserver son objectif d’avoir 750,000$ à la retraite, Henry devra patienter à 70 ans pour prendre sa pleine retraite. En effet, 500,000$ investi pendant 15 ans au taux net de 2,75% (5,25% – inflation (2,5%)) lui procureront la somme de 750,000$ (approximatif).

De cette façon, Henry sera un préretraité de 55 ans, travaillant à temps partiel, avec un revenu de 35,000$ sans avoir à épargner pour la retraite.

Évidemment, ce scénario B demande à Henry de s’assurer qu’il aura le moins de dettes possible, idéalement aucune lorsqu’il débutera sa cinquantaine.

 PLANIFIER SA RETRAITE (PLAN C – OPTION FOURMI)

Un autre scénario serait de prévoir une retraite à 55 ans en cotisant au maximum au REER et au CELI. C’est un peu comme l’histoire de la cigale et de la fourmi. Henri fait la fourmi jusqu’à 55 ans et pourrait prendre sa retraite à ce moment, s’il le souhaite.

Si tout va bien côté travail, il est toujours représentant sénior à 100,000$ par année, il n’a plus à cotiser pour sa retraite et peu profiter de ses revenus de travail pour profiter au maximum de la vie, c’est la partie de la cigale, la plus agréable des deux surtout si on a été une fourmi pendant plusieurs années.

Si comme au scénario B, la seule option professionnelle pour Henry est un poste de représentant junior à 35,000$, à temps partiel, il peut l’accepter ou non, selon ce qu’il souhaite.

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Il s’agit ici de deux exemples parmi d’autres possibilités en fonction de sa profession, son métier, ses habiletés, et ses rêves, car derrière chaque déception se cache une opportunité.

Ce genre de conseil fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous accompagnera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[1]:

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalité, placements, retraite et succession.

 Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[2].

 

 

[1] https://www.iqpf.org/services-au-public

[2] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire