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Travailleur et retraité : Un chausson avec ça?

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

Travailleur et retraité : Un chausson avec ça?

De plus en plus d’articles sont écrits sur l’importance d’encourager les Québécois dans la soixante à demeurer sur le marché du travail ou d’y retourner s’ils l’ont quitté. Pénurie de main-d’œuvre, inflation élevée, besoin de socialisation, tout y passe. Récemment, Luc Godbout et Suzie St-Cerny ont publié « Un regard éclairé sur le travail une fois à la retraite »[1], dans le même but.

Le professeur Godbout tire la conclusion qu’il est « payant » de travailler à la retraite et il a tout à fait raison. Cependant, il y a un enjeu de perception ici. En effet, « payant » pour un pourrait ne pas l’être pour l’autre. Dans son article, le professeur Godbout nous invite à utiliser le simulateur[2] du gouvernement du Québec afin de vérifier, si effectivement, il peut être payant de travailler après la retraite.

Quelques simulations sur le calculateur nous apprennent qu’un retraité de 65 ans touchant le maximum de la RRQ (15,043.08$ ou 1,253.59$ mensuellement) et la PSV (8,001.96$ ou 666.83$ mensuellement) conserverait, en pourcentage, les montants suivants selon les revenus de salaire gagnés :

Ainsi, pour un travailleur retraité gagnant 10,000$ en salaire par année, il conserve 70,4% alors que le même individu gagnant 100,000$ n’en conserve que 48,9%. Sans vouloir faire simple, un employé d’un « McDonald » aura plus d’intérêt à retourner travailler qu’un ingénieur.

Cependant, il faut avouer que la différence existe aussi pendant notre vie active, mais lorsque nos meilleures années sont derrière nous, je crois que la valeur de nos heures personnelles devient plus importante. Il s’agit donc d’un débat qui touche autant les finances personnelles, les valeurs des individus que les finances des gouvernements, sans oublier l’équité au niveau de la société.

Pour la planification de la retraite, on peut en conclure qu’avec un salaire ne dépassant pas 50,000$ par année, il nous reste un peu plus de la moitié dans nos poches. Certains diront, que ce revenu annuel couvre une partie importante des emplois disponibles actuellement, mais nous avons aussi besoin de pourvoir les postes dans les revenus qui dépassent 50,000$ par année.

Si par exemple, je touche 100,000$ de revenus annuellement, lorsque j’aurai atteint l’âge de 65 ans, pour des raisons strictement de finances personnelles, il devient moins intéressant pour moi de poursuivre le travail. Pourtant, mon employeur pourrait scinder mon poste en deux. En effet, deux personnes ayant les compétences pour occuper mon poste à mi-temps ne représenteraient pas un supplément significatif pour mon employeur et permettraient à ces deux mêmes personnes de toucher 50,000$ par année en travaillant à temps partiel.

Historiquement, les employeurs ont toujours été « frileux » pour ce type d’arrangement. Personnellement, je sais que le gouvernement fédéral le permet sur certains postes depuis plusieurs décennies. Il serait donc temps que les employeurs changent leurs paradigmes et le permettent aussi.

Toujours dans le même exemple, imaginons que cet individu quitte à 65 ans avec un revenu de pension de 50,000$ par année, combinant rente, REER, RRQ et PSV, représentant 50% de ces revenus lorsqu’il était actif. En acceptant de poursuivre son travail à mi-temps, pour un salaire de 50,000$ par année, il pourrait gagner autant que pendant sa vie active et, si sa santé lui permet, ajouter 5 ans de service à son employeur dans un poste qu’il connaît très bien.

Il va de soi que cela ouvre aussi la possibilité aux travailleurs de 50 ans et plus d’envisager une semi-retraite. C’est-à-dire, de partager un poste comme dans l’autre exemple, mais sans percevoir sa rente de retraité, incluant la RRQ et la PSV, avant l’âge de 65 ans ou même, 70 ans. Ainsi, selon la situation, notre travailleur de 50 ans et plus pourrait recevoir 50,000$ par année comme salaire pour un « demi-poste » et dès l’âge de 65 ans ou 70 ans, selon le choix, il pourrait sans doute (s’il possède un régime de retraite ou des placements enregistrés), percevoir l’équivalent du 50,000$ annuellement via sa rente, sa RRQ et sa PSV.

Évidemment, comme le professeur Godbout le suggère, un retraité recevant sa rente et qui revient sur le marché du travail, devrait avoir l’option de ne plus contribuer à la RRQ, même si cela implique que sa rente demeurera la même. De plus, cela devrait être la même chose, il devrait avoir l’option de ne pas participer au régime de retraite de l’employeur lorsque celui-ci en offre un.

Il est donc possible de trouver des solutions équitables pour toutes les générations de travailleurs, lesquelles permettront d’encourager les retraités qui le souhaitent à demeurer sur le marché du travail même, si ce n’est qu’à mi-temps.

Ces solutions doivent aller au-delà des emplois moins bien rémunérés et cela va de soi, ayant des critères de formation moins exigeants que d’autres emplois mieux rémunérés et spécialisés, mais dont les besoins sont d’autant plus criants avec les départs de nombreux « boomers » pour la retraite.

En bref, nous devons nous sortir du cliché du retraité qui occupe un poste chez « McDonald » afin de passer le temps et qui vous demandait à l’époque… « Un chausson avec ça? ».

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce type de stratégie fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous conseillera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[3] :

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalité, placements, retraite et succession.

Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[4].


[1] https://cffp.recherche.usherbrooke.ca/un-regard-eclaire-sur-le-travail-une-fois-a-la-retraite/

[2] http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/outils/revenu-travail-retraite-fr.asp

[3] https://www.iqpf.org/services-au-public

[4] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

Le modèle québécois – Et si on nous avait vendu un 3 étoiles au lieu d’un 5 étoiles?

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

Le modèle québécois – Et si on nous avait vendu un 3 étoiles au lieu d’un 5 étoiles?

L’expression « Le modèle québécois » a sans doute autant de définitions que de Québécois, chacun ayant sa propre perception de ce que cela implique. Pour beaucoup de Québécois, « Le modèle québécois » consiste à ce que le gouvernement provincial soit responsable des services aux citoyens comme, la santé, l’éducation, les garderies à 5$ (qui n’en sont plus d’ailleurs) et, quoique moins charmant, nos infrastructures (routes, ponts, aqueduc, etc.).

Force est de constater qu’en 2022, notre système de santé et notre système d’éducation sont à l’image de nos infrastructures, un état triste et lamentable. Pour ce qui est des garderies, il faudrait d’abord que tous y aient accès. Était-ce prévisible? Sommes-nous vraiment surpris?

Il y a plusieurs années, lire décennies, à la suite de ses recherches sur le sujet, le professeur David K. Foot publia un livre intitulé « Entre le boom et l’écho[1] ». C’est probablement l’un des livres qui a le plus cristallisé l’expression « boomers » et celles qui sont venues par la suite.

Aujourd’hui, tout le monde connaît les « boomers » et selon plusieurs, ils sont responsables de tous nos malheurs. Mais, est-ce vraiment le cas? Les « boomers », dont je fais techniquement partie, sont-ils la cause de tous nos maux?

Pour l’exactitude, selon le professeur Foot, je suis de la « génération X », un « boomers », né entre 1960 et 1966. Pour l’image, je suis de ceux qui arrivent au buffet et qu’il ne reste que des miettes laissées par les clients qui sont déjà passés, mais j’ai droit à la même facture que ceux-ci.

À l’aube de la retraite et avec la maturité qui accompagne l’âge, je ne peux que constater que non, les « boomers » ne sont pas responsables de tous nos maux, nous sommes tous responsables, peu importe à quelle génération on appartient.

Ces « boomers », grâce à leur nombre, ont amené plusieurs changements au sein de la société québécoise, comme cela fut le cas aux États-Unis et en Europe, quoique décalé de cinq ans causés par la reconstruction suite à la Seconde Guerre mondiale. Ces changements ont encore lieu actuellement, nous n’avons qu’à penser à la pénurie de main-d’œuvre, aux coûts de plus en plus élevés du système de santé et aux différents programmes politiques proposés. On ne peut pas se passer du vote des « boomers ».

Ainsi, les recherches du professeur Foot m’ont permis de comprendre les raisons derrière le fait que ma génération avait moins d’opportunité que la génération précédente, mais elles auraient aussi dû nous amener, collectivement, à nous préparer à ses conclusions (pénurie de main-d’œuvre, hausse des soins de santé, etc.).

Nous savions, mais nous avons peu fait. Pourquoi? Principalement parce qu’investir dans le maintien de services et infrastructures ne vend pas au moment des élections. Il était et il est, plus facile de vendre un nouveau pont (ou un tunnel) que de s’engager à entretenir ceux qui sont déjà construits. Ce qui est aussi vrai pour les services.

On ne peut s’attendre de la part d’un politicien qu’il promette que tel ou tel service va demeurer. S’il veut notre vote il doit ajouter un nouveau service. Il, et nous, sommes autant coupables de cette augmentation de services, au détriment de l’entretien et du maintien de ceux existants.

Il est facile de prétendre que dans les années soixante, lorsque nous avons créé tous ces services et infrastructures, on ne pensait pas qu’il faudrait les entretenir. On ne pensait pas que l’augmentation de la population maintiendrait sa croissance et pourtant, le « Club de Rome[2] » avait mentionné quelques petits obstacles à venir sur le sujet.

En bref, les électeurs de l’époque, comme nous aujourd’hui, préférons l’aveuglement volontaire. On continue de prétendre que nous pouvons maintenir en vie notre modèle québécois. Et encore, malgré le fait que depuis plusieurs années, le « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)[3] » nous prévient de ce qui nous guette dans un avenir pas si lointain et pourtant, concrètement, rien ne change vraiment, sauf le climat.

Néanmoins, il est possible que cela soit une mauvaise perception de ma part et de plusieurs de nos compatriotes. Je m’explique. Imaginons que vous regardez pour un voyage dans le sud de type « tout inclus », vous regardez les images de l’hôtel, de la plage et des piscines. Vous regarder les photos du buffet et de ce qui est inclus dans le forfait. Vous validez et il s’agit d’un complexe 3 étoiles.

Une fois à destination, vous êtes fort déçus. Vous ne retrouvez pas dans ce complexe, ce à quoi vous vous attendiez. Vous allez voir la direction du complexe et expliquez quelles étaient vos attentes. La direction, étonnée, vous explique que ce que vous exigez est digne d’un complexe 5 étoiles, ce qu’ils ne sont pas. Vous êtes donc déçus, car vous vouliez un 5 étoiles, mais ne vouliez pas payer plus que pour un 3 étoiles.

Et si notre problème avec « Le modèle québécois » en était un de perception. Si, avec notre écoute sélective, nous avions compris qu’il s’agissait de services et d’infrastructures de niveau 5 étoiles, alors il est normal d’être déçu lorsque l’on constate que nous en avons un d’un niveau d’un 3 étoiles.

Malheureusement, comme dans l’exemple du complexe au soleil, si nous voulons rehausser notre modèle québécois afin qu’il soit de niveau 5 étoiles, cela sera beaucoup plus dispendieux en taxes, impôts sur le revenu et en frais de service.

Le but de mon article n’est pas de remettre en question notre modèle québécois, je laisse ce soin aux politiciens, mon but est de vous préparer afin que vous puissiez vivre une retraite à la hauteur de vos attentes, car si l’état n’est pas présent pour vous, comme vous l’aviez prévu, il faudra prévoir des sommes d’argent pour compenser cette absence.

Ainsi, lorsque vous établirez votre budget de retraite, en plus du montant prévu pour les voyages, il est impératif que vous prévoyiez un montant pour les services liés à votre santé et un montant pour le maintien à domicile, deux postes budgétaires qui devront maintenant faire partie de votre planification financière à la retraite, et cela, pour plusieurs années puisque notre espérance de vie ne cesse de s’améliorer.

Au rythme où les choses augmentent actuellement, il est probable que vous devrez budgéter plus pour vos soins de santé, que pour vos voyages.

Afin de vous donner une idée des montants à prévoir, j’ai préparé un tableau. Une rente santé, de 10,000$ (imaginons un couple) pendant 20 ans, exigerait une épargne mensuelle de 421$ pendant 25 ans. D’autres exemples au tableau couvrent d’autres rentes possibles.

Vous constaterez que pour la majorité des futurs retraités, les projets de voyage viennent d’en prendre un coup. Il est donc important de bien prévoir cette dépense avec votre planificateur financier.

Lors de cette rencontre, vous pourrez discuter du « Régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI)[4] » afin de voir si ce véhicule pourrait vous aider au moment de la retraite.

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce type de stratégie fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous conseillera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[5] :

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalité, placements, retraite et succession.

Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[6].


[1] http://www.footwork.com/livre.asp

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27experts_intergouvernemental_sur_l%27%C3%A9volution_du_climat

[4] https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/services/impot/particuliers/sujets/regime-enregistre-epargne-invalidite-reei.html

[5] https://www.iqpf.org/services-au-public

[6] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

Prospérité et location d’un logement

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

Au cours des deux dernières années, le moins que l’on puisse dire est que l’immobilier résidentiel a subi des hausses marquées et inquiétantes, en particulier pour ceux et celles qui souhaitent acquérir leur première résidence.

Cependant, faire le choix de la location d’un logement n’est non seulement pas un échec, mais peut très bien faire partie d’une stratégie financière afin d’améliorer sa retraite.

La majorité des gens vous diront que de payer 2,000$ par mois pour un logement qui ne nous appartient pas est de la folie. Autre temps, autres mœurs. En effet, en 2022 on ne doit pas considérer la location d’un logement comme faire du sur place au niveau de son cheminement personnel et financier, cette option peut amener son lot de points positifs aussi.

Actuellement, le coût d’une propriété dans le « Grand Montréal » peut facilement atteindre 500,000$. Pour un premier achat, c’est toute une somme.

Dans mon exemple, un individu pourrait choisir de payer 2,000$ par mois pendant 25 ans ou 500,000$ une fois et par la suite (après 25 ans), ce même individu revend la propriété ou quitte son logement. Oui, je sais, l’inflation doit être considérée. Sur ce point, rappelons-nous qu’avant les deux dernières années, l’inflation moyenne était dans la fourchette souhaitée par la Banque du Canada soit, entre 2% et 3%.

En fait, l’IPC[1] canadien de 2005 à 2020 est passé de 107 à 137 soit, une augmentation moyenne de 2,05% par année. En 2021, l’IPC annuel moyen se situait à 141,6, une hausse de 3,4% en 1 seule année. En ce moment, Statistiques Canada nous informe que pour avril 2022[2], la variation sur 12 mois de l’IPC est de 6,8%. L’inflation élevée que nous observons actuellement est strictement conjoncturelle, principalement liée aux effets combinés de la pandémie (COVID-19) et du conflit entre la Russie et l’Ukraine.

En bref, la normalité reprendra éventuellement le dessus. La politique de la Banque du Canada, combinée à la diminution de l’argent disponible pour les Canadiens se chargeront de diminuer la consommation et l’inflation, laquelle est très largement liée au prix du pétrole dont nous sommes toujours aussi dépendants.

Si on revenait à mon exemple d’une résidence de 500,000$. En fonction des frais de démarrage (1%), la taxe de mutation (1%), celle faussement liée au Ministre Bienvenue[3], et de la mise de fonds (10%), on arrive avec un déboursé initial de 60,000$, auquel il faut ajouter une hypothèque de 450,000$ (25 ans @ 5%), sans mentionner les frais de la SCHL qui se rajoutent à l’hypothèque. Je ne le considère pas dans l’exemple mais, la prime de la SCHL serait de 13,950$, ce qui augmenterait le paiement hypothécaire d’environ 70$ mensuellement.

En plus de ce premier déboursé, il y aura donc un paiement hypothécaire de 2,630$ mensuellement et des taxes (1,01%) et l’entretien (1%) pour un total de 10,500$ par année soit, 875$ par mois. Hypothèque et autres frais totaliseront donc 3,505$ par mois (arrondis à 3,500$ pour notre exemple).

Et si notre premier acheteur décidait d’être locataire à 2,000$ par mois. Cet individu aurait un premier montant de 60,000$ à investir et 1,500$ par mois qui pourrait s’ajouter (3,500$ – 2,000$), montants qui devraient prendre en considération l’inflation et augmenter en fonction de celle-ci. Après 25 ans, avec un rendement net (d’inflation) de 2%, cet individu aura accumulé 682,114$ (arrondis à 682,100$), sans tenir compte du fait de l’augmentation annuellement du montant mensuel d’épargne pour tenir compte de l’inflation, tout comme le prix du loyer le sera, l’écart entre les deux (locatif VS propriété) sera maintenu dans le temps.

Si notre individu avait fait l’achat de la propriété de 500,000$ pour la revendre 25 ans plus tard, basé sur une appréciation nette annuelle de 2%, cet individu aurait reçu la somme de 820,303$ (arrondis à 820,300$). Une différence de 138,200$ en faveur de l’achat. L’achat de la propriété demeure plus rentable financièrement, mais elle comprend une part de stress très importante et des déboursés autant prévisibles (ex. la toiture) qu’imprévisibles (ex. dommages non assurés).

Pour ce qui est de l’appréciation de l’immobilier résidentiel[4], il faut se rappeler qu’entre 2005 et 2020, le prix moyen des résidences a augmenté, en moyenne, de 4,5% par année alors que l’augmentation fût de 19,3% par année pour 2021 et 2022. Un « moment » d’égarement qui ne saurait durer très longtemps.

Le point de mon exemple est que malgré le fait que notre premier acheteur choisisse de ne pas acheter, avec une stratégie d’épargne personnalisée, cet individu accumulera un montant appréciable (682,100$). Ce montant pourrait même être supérieur à cet exemple en profitant d’investissement REER et CELI et pour certains, de REEE.  

En plus, le locatif éliminera le taux de stress lié à la propriété d’un immeuble, en particulier, un immeuble acheté pendant une folie de prix rarement vu, comme celle ayant cours actuellement, laquelle oblige souvent un premier acheteur à faire fi de l’inspection et de toutes les bonnes vérifications d’usages.

Évidemment, d’autres exemples sont possibles en fonction de différentes mises de fonds et de différents écarts entre les coûts mensuels de l’achat envisagé et le coût du locatif choisi. Voici quelques chiffres afin de vous faire réfléchir aux différentes possibilités.

Le but de cet article n’est pas de faire la morale, mais bien de démontrer que l’on peut très bien associer location et prospérité, tout comme on peut toujours le faire avec l’immobilier résidentiel. Il s’agit de choisir quel chemin vers la prospérité est le mieux pour vous, pourvu que vous soyez accompagné par un planificateur financier dans votre parcours.

En terminant, je ne peux passer sous silence de beaux outils[5] créé par l’Autorité des marchés financiers afin de comparer la location et l’achat d’une résidence. Il existe plusieurs autres calculateurs comme ceux pour l’accumulation d’épargne et l’impact des REER. Ils valent amplement le détour.

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce type de stratégie fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous conseillera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[6] :

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalité, placements, retraite et succession.

Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[7].


[1] https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810000501 (Réf. Tableau 18-10-0005-01  Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisée)

[2] https://www.statcan.gc.ca/fr/sujets-debut/prix_et_indices_des_prix/indices_des_prix_a_la_consommation

[3] https://www.tvanouvelles.ca/2017/12/15/lex-ministre-bienvenue-na-rien-a-voir-avec-la-taxe-de-bienvenue

[4] https://creastats.crea.ca/fr-CA/

[5] https://lautorite.qc.ca/grand-public/outils-et-calculateurs/calculateurs/

[6] https://www.iqpf.org/services-au-public

[7] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

La loi sur le patrimoine familial, 32 ans déjà

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

Note : Ce texte, un brin humoristique, présente la situation des couples comme étant composées d’un homme et d’une femme, situation actuellement majoritaire au Québec. Néanmoins, les informations qui y sont mentionnées s’adressent à tous les couples.

La loi sur le patrimoine familial, 32 ans déjà

Le 1er juillet prochain, la loi sur le patrimoine familial aura 32 ans. Après 32 ans de service, plusieurs travailleurs possédant un fonds de pension (ex. régime à prestation déterminée) sont à planifier leur retraite, laquelle arrivera au plus tard à 35 ans de service pour la majorité d’entre eux. Après 35 ans de service, dans la plupart des cas, cela donne droit à 70% de ses revenus comme rente, pour la vie.

Pour un revenu de 100,000$ par année, notre pensionné s’imagine donc à la retraite avec une rente de 70,000$ et malgré une baisse de 30,000$ par année, avec les dépenses liées au travail en moins, il devrait maintenir son rythme de vie. Faites attention aux indexations partielles, cela diminuera votre pouvoir d’achat rapidement.

Mais voilà que notre futur rentier se questionne. Il est conjoint de fait depuis le moment où il a débuté son travail chez son employeur. Il n’a jamais voulu se marier afin de ne pas partager son fonds de pension avec sa conjointe, en cas de divorce. Étant donné que sa conjointe a eu plusieurs petits emplois et qu’elle s’est occupée des enfants lorsque ceux-ci étaient jeunes, elle n’a ni fonds de pension ni épargne.

Elle sera donc dépendante financièrement de son conjoint pendant sa retraite, comme pendant la vie active de celui-ci, mais avec moins d’argent à partager. Notre futur rentier se questionne si sa conjointe des 35 dernières années « mérite » de partager sa rente avec lui, celui-ci ne s’étant pas marié justement parce qu’il ne voulait pas partager son fonds de pension en cas de divorce.

Si j’étais la conjointe, je serais nerveuse. Quelle sera la décision du futur rentier si celui-ci commence à faire l’équilibre entre les petites chicanes de sa vie de couple, de sa relation aujourd’hui en la comparant à il y a 35 ans, et du montant qu’il devra partager?

La maison est à son nom, elle n’avait pas d’emploi assez stable, il pourrait simplement lui demander de quitter. Il conserve la maison et 100% de sa rente.

Cette mise en situation peut en bouleverser plusieurs qui rétorqueront « Mais qui se comporterait ainsi après 35 ans de vie commune? ». Parfait, et après 10 ans ou 20 ans seulement, c’est correct? La conjointe se retrouve démunie à l’âge de la retraite?

Bon, vous me direz que je suis cynique et bien non. Ma source d’inspiration est double. La première un article intitulé « « Il vit à mes crochets, je m’inquiète pour ma retraite »[1]. Ma deuxième, une situation au camping que je fréquente où, monsieur avait affiché un avis légal annonçant que madame n’avait plus accès à la roulotte de monsieur au camping et la maison d’hiver en Floride et cela, malgré plus d’une décennie en couple.

Dans le premier cas, madame s’interroge si elle doit mettre monsieur dehors avant sa retraite et dans le deuxième, monsieur n’y songe plus, il a mis madame dehors. Mais attendez, il l’a quand même aidé à emménager dans son petit studio, au nom de madame évidemment, monsieur n’est quand même pas sans cœur.

Pour votre information, à 65 ans, les montants des paiements de la Sécurité de la vieillesse[2] (PSV) seront de 7,384$ annuellement en 2021, si on ajoute le supplément de revenu garanti, un montant maximum de 11,029$ par année pour une personne célibataire, notre nouvelle esseulée sans régime de retraite ou d’épargne, aura une « rente » annuelle maximale de 18,414$, un équivalent hebdomadaire de 354$. Imaginez tout ce que vous pourrez faire avec 354$ par semaine.

Rassurez-vous, il n’est pas trop tard et il existe une solution simple, mais audacieuse. Les conjointes qui sont dans cette situation pourraient rencontrer un notaire et signer CONJOINTEMENT ET VOLONTAIREMENT avec leur conjoint, une « convention d’union de fait »[3].

Dans ce contrat on pourrait préciser RÉTROACTIVEMENT qu’en cas de séparation, les régimes de pension seront séparés à parts égales en fonction du nombre d’années de vie commune. J’ajouterais les REER, CELI et RRQ et pourquoi pas, la résidence si elle n’est pas déjà aux deux noms. Tant qu’à être chez le notaire, j’en profiterais pour rédiger les testaments[4] et les mandats de protection[5]. Par la suite, je validerais les différentes polices d’assurances vie de monsieur afin d’en connaître les bénéficiaires.

Et si le conjoint refuse vous me direz. Alors, je communiquerais avec un planificateur financier RAPIDEMENT dans le but de dresser un plan d’action afin de pouvoir faire face à ma propre retraite dans le but de ne pas être dépendante financièrement de mon conjoint actuel au cas où, il deviendrait éventuellement mon ex-conjoint.

En passant, si le conjoint accepte, une visite conjointe chez un planificateur financier serait aussi un geste prudent, pour l’avenir financier de chacun. Histoire de s’assurer que vos différents scénarios sont réalistes.

Finalement, je sais que pour les fins de cet article et comme c’est souvent le cas dans les exemples classiques, on place le rôle du méchant au masculin, dans les mains du conjoint alors que celui de la victime, au féminin, dans les mains de la conjointe mais, rassurez-vous, c’est en train de changer car les femmes prennent de plus en plus leur place sur le marché du travail et avec raison.

Elles sont déjà majoritaires dans les universités et ce sont elles qui occuperont les emplois très bien rémunérés avec fonds de pension, REER, CELI et RRQ bien garnis. De plus, ce sont elles qui auront la maison à leur nom et ce seront elles qui proposeront l’union de fait à leur conjoint afin de protéger leur patrimoine financier d’un divorce.

Évidemment, les conjoints vont sans doute devenir plus romantiques et proposer le mariage comme la plus belle preuve d’amour, mais, méfiez-vous mesdames!

LE RÔLE DU PLANIFICATEUR FINANCIER

Ce genre de conseil fait partie du quotidien d’un planificateur financier. En fonction de ses permis d’exercices, il vous accompagnera et saura s’entourer d’autres professionnels selon les expertises requises.

Comme le précise l’Institut québécois de planification financière (IQPF)[6]:

La planification financière personnelle est un processus qui consiste à optimiser votre situation financière et votre patrimoine. La planification financière intègre les connaissances des sept domaines suivants : aspects légaux, assurance et gestion des risques, finances, fiscalités, placements, retraite et succession.

Le rôle du planificateur financier est de vous aider dans l’élaboration de votre planification financière en vous traçant un plan d’action stratégique entièrement adapté à vos besoins et tenant compte de vos contraintes et de vos objectifs personnels. Il vous propose ensuite des stratégies et des mesures cohérentes et réalistes pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés. Ce sont des atouts précieux pour suivre de près l’évolution de votre patrimoine et prendre la bonne décision au bon moment.

N’hésitez donc pas à consulter un planificateur financier reconnu par l’IQPF[7].


[1]https://www.lapresse.ca/affaires/finances-personnelles/2020-12-06/train-de-vie/il-vit-a-mes-crochets-je-m-inquiete-pour-ma-retraite.php

[2] https://www.canada.ca/fr/services/prestations/pensionspubliques/rpc/securite-vieillesse/paiements.html#tbl1

[3] https://www.cnq.org/fr/famille-couple/79-pourquoi-conclure-une-convention-dunion-de-fait-.html

[4] https://www.cnq.org/fr/succession-testament/100-pourquoi-faire-un-testament-.html

[5] https://www.cnq.org/fr/famille-couple/69-a-quoi-sert-le-mandat-de-protection-.html

[6] https://www.iqpf.org/services-au-public

[7] https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

Planification financière en temps de pandémie

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

Planification financière en temps de pandémie

Il est toujours important de prendre le temps de rédiger sa planification financière familiale, idéalement, avec l’aide d’un planificateur financier. En temps de pandémie, l’exercice devient primordial.

En effet, la pandémie nous rappelle que malgré toutes nos certitudes, rien n’est garanti dans la vie. Il faut prévoir le pire et ses conséquences sur notre famille.

LE BUDGET

Le budget, ce négligé de notre vie financière, devrait toujours inclure une marge de manœuvre pour les hasards de la vie.

Pourriez-vous passer au travers d’une crise qui réduirait le salaire d’un des deux conjoints, normalement le salaire le plus élevé, de 50 % ? Avez-vous des épargnes vous permettant de survivre financièrement à une crise pour 6 mois? On parle ici du fameux 3 à 6 mois de salaire « de côté » pour les imprévues?

Avez-vous des engagements financiers pouvant être réduits lors d’une crise financière? Des frais variables compressibles? Est-ce que l’essentiel de vos avoirs financiers est concentré dans votre résidence, laquelle est probablement hypothéquée?

LE PASSIF (CRÉDIT)

L’endettement est cause d’inquiétude dans un contexte d’incertitudes financières comme nous le vivons actuellement. Pouvez-vous réduire certaines dettes?

Vos cartes de crédit sont utilisées à pleine capacité ou remboursez-vous le tout chaque mois? Avez-vous des cartes de crédit non utilisées afin de pallier une crise de liquidités?

Avez-vous une marge de crédit personnelle libre afin d’être utilisée pour un manque de liquidités?

Avez-vous une marge de crédit hypothécaire de disponible ou avez-vous hypothéqué votre résidence à plus de 80% en passant par un assureur hypothécaire et en payant la prime?

LES ACTIFS (PLACEMENTS)

Vos placements, REER, CELI, non-enregistrés? Dans les marchés boursiers ou des placements garantis? Rachetables ou pas? Avec pénalités ou sans?

Votre fonds de pension, si fonds de pension il y a, avec ou sans déficit actuariel? Votre employeur, il pourrait faire faillite ou pas? Est-ce que votre conjoint(e) a le même employeur que vous? Des employeurs connexes ou du même secteur d’activités?

LES ASSURANCES

Avez-vous des assurances-vie? Santé? Médicaments? Sont-elles privées ou avec votre employeur? Est-ce que certaines dettes ont aussi ce type d’assurance? (ex. prêt hypothécaire)

Si votre employeur fermait, pourriez-vous conserver les couvertures en assumant la totalité des charges? Êtes-vous encore assurables? Votre conjoint et vos enfants sont-ils aussi couverts? Par le même régime de l’employeur?

Avez-vous des assurances invalidité? Tous les deux? Les montants prévus couvrent-ils l’ensemble des dépenses de votre budget? Est-ce que certaines dettes ont aussi ce type d’assurance? (ex. prêt hypothécaire)

Avez-vous accès à des services professionnels en cas de besoins? (ex. psychologues). Pendant les périodes d’incertitudes, leurs services peuvent être très bénéfiques.

LE TESTAMENT

Avez-vous un testament? Est-il toujours pertinent, d’actualité? Qui s’occuperait des enfants s’il vous arrivait quelque chose? Qui gérerait les biens des enfants à ce moment?

Avez-vous un mandat de protection? Êtes-vous la personne-ressource pour le mandat de protection de quelqu’un d’autre? (ex. votre mère de 75 ans). Qui vous remplacerait?

Êtes-vous mariés ou conjoints de fait? Avez-vous un contrat en cas de bris de votre couple? Situations de plus en plus fréquentes en ces temps d’incertitudes.

FAIRE LE POINT

On parle beaucoup de « simplicité volontaire » depuis quelques années. Que serait la « simplicité volontaire » dans votre vie financière? Pourriez-vous vous débrouiller avec beaucoup moins?

Si vous deviez prendre votre retraite de façon prématurée, seriez-vous prêts? Avec quels sacrifices?

Toutes ces questions doivent trouver des réponses dans votre planification financière.

La plus belle comparaison serait le plan d’affaire d’une entreprise. Avant de se lancer et d’accéder au financement nécessaire, on exige de l’entrepreneur de rédiger un plan d’affaires qui prendra en considération toutes les éventualités possibles, principalement celles qui pourraient avoir un impact financier négatif et ainsi, mettre en danger la survie de cette même entreprise.

C’est le but d’une planification financière, prévoir l’imprévue.

ALLEZ CHERCHER DE L’AIDE

Si vous n’avez pas réponse à toutes ces questions, ne vous en faites pas! La majorité des gens n’ont pas les réponses même s’ils devraient.

Nous avons souvent tendance à nous dire que tout ira bien sans vraiment nous questionner, souvent par peur des réponses trouvées.

Heureusement, avec l’aide d’un planificateur financier l’exercice peut devenir des plus enrichissant et ouvrir la porte à de nombreuses discussions de famille qui dépassent les simples questions d’ordre financières.

En faisant le premier exercice, le budget, vous vous questionnerez sur la nécessité de toutes vos dépenses. Sur votre rythme de vie pour faire face à toutes ces dépenses et sur les choix que vous avez faits dans le passé.

Cet exercice vous amènera à vous interroger sur vos choix pour l’avenir afin que votre budget reflète ces nouveaux choix. Cet exercice dans un contexte de crise financière lié à la pandémie vous permettra de vous interroger sur ce que vous voulez vraiment de la vie.

En fonction de vos choix, il sera plus facile pour votre planificateur financier de vous accompagner dans l’atteinte de vos objectifs, tout en vous proposant des solutions sur les aspects plus techniques comme le testament, les mandats, les assurances et autres mesures qui vous permettront de mieux prévoir l’imprévisible.

L’ANNÉE 2021 SERA DIFFICILE

Force est de constater que l’année 2021 sera difficile financièrement. Pourquoi, ne pas rédiger votre planification financière avant la fin de l’année 2020 afin d’avoir une marge de manœuvre face à l’évolution de la situation?

Si vous avez profité de la PCU, et de reports de paiements hypothécaires pour faire le tour du Québec ou encore, refaire votre cours à l’arrière de la maison, il est grand temps de vous asseoir avec un planificateur financier pour bien comprendre votre situation.

Après tout, octobre est le mois de la planification financière au                 Québec.

Pour trouver le planificateur financier le plus près de chez vous, consultez :

https://www.iqpf.org/services-au-public/repertoire

It’s the economy, stupid!

Par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

It’s the economy, stupid ![1]

Lorsque je constate les impacts de la pandémie sur le virage environnemental qui avait lieu avant celle-ci, je ne peux que me remémorer l’expression américaine « It’s the economy, stupid ![2] ».

Cette phrase représente la raison de la défaite de George H. W. Bush[3] (père de George W. Bush[4]) lors de la campagne présidentielle pour sa réélection, campagne qu’il perdit au bénéfice de William J. Clinton[5] (Bill Clinton). M. Bush père avait oublié que la seule vraie préoccupation des électeurs était l’économie. En fait, les emplois.

Ainsi, le recul de certains engagements environnementaux au profit des enjeux économiques me rappelle qu’au fond, l’important c’est l’économie, du moins dans notre système économique actuel.

Pourquoi mon inquiétude?

Source : Agence France-Presse via « La Presse Plus »

Eh bien! Du EXXON VALDEZ[6] au MV WAKASHIO[7] (le navire sur la photo), en passant par LA TRAGÉDIE DU LAC-MÉGANTIC[8], qu’avons-nous appris de ces tragédies? Très peu, sinon rien.

Pourtant, plusieurs annonces positives face à la planète ont été divulguées récemment. Malheureusement, lorsqu’on creuse un peu, on constate que dans les faits, il y aura très peu de changements.

La Caisse de dépôt et placement du Québec qui s’engage à être carboneutre en 2050[9]… dans 30 ans lorsque la totalité des gens ayant pris ces engagements n’y sera plus. Un peu comme l’engagement de la France pour éliminer l’utilisation des plastiques à usage unique… en 2040[10]. Il y a aussi les accords de Paris[11] dont l’objectif est repoussé régulièrement.

Pire, certains pays envisagent de nouveau l’utilisation du nucléaire[12] alors qu’encore récemment, on n’osait même pas utiliser ce terme. L’un de ces pays est le nôtre! Pour ce qui est des plastiques à usage unique, il semble que cela devient moins une priorité pour nous[13], mais elle demeure prioritaire pour le lobby de l’industrie du plastique[14], lequel est contre.

De mon côté, j’écris depuis plusieurs mois que le coût réel des produits que nous utilisons doit refléter les dommages pour la planète que ces produits représentent, mais aussi les risques inhérents au mode de transport utilisé. Encore là, cela n’avance pas vraiment… ISO26000[15], 17 objectifs pour sauver le monde des Nations-Unies[16], etc.

Le 22 août dernier, c’était la journée EARTH OVERSHOOT DAY 2020[17]. En bref, c’est la journée de l’année où nous avons atteint la consommation de 12 mois de ressources mondiales produites par notre planète. En d’autres mots, après moins de 8 mois, nous avons consommé 12 mois de ressources…

En 2020, cette journée arrive 3 semaines plus tard quand 2019… malgré que la pandémie nous ait fait réduire notre consommation comme jamais auparavant… cela va très bien pour la planète!

Je sais, certains diront que je suis pessimiste face aux nombreux efforts en cours. En effet, on parle tellement d’environnement, comment serait-il possible que cela n’aboutisse pas à quelque chose de merveilleux?

Le « Greenwashing[18] », vous connaissez? Appelé aussi « Écoblanchiment ». C’est comme le blanchiment de l’argent obtenu illégalement (ex. vente de stupéfiants) dans l’économie légale afin la rendre « propre » et légitime. Le narco blanchiment si vous préférez.

La définition de Wikipédia est : « Le greenwashing, aussi nommé écoblanchiment ou verdissage, est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation (entreprise, administration publique nationale ou territoriale, etc.) dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse. La plupart du temps, les dépenses consenties concernent davantage la publicité que de réelles actions en faveur de l’environnement et du développement durable. ».

Et l’expression « Nous prendre pour des valises » vous la connaissez?

Il serait donc temps que nous questionnions un peu plus sévèrement les organisations et gouvernements qui prennent des engagements. Un peu comme lorsqu’on embauche un gestionnaire, on lui demande deux choses. Quel est votre plan, mais surtout, comment allez-vous le réaliser ce plan?

Pour ce qui est de l’échéancier, toutes dates qui dépassent la présence en poste de ceux qui la font ne devraient pas être prises au sérieux. Si je m’engage à réaliser un objectif quelconque dans 20 ans alors que je ne serai en poste que pour les 5 prochaines années, ce n’est aucunement réaliste.

Pourtant, le constat est très simple, si nous ne sommes pas impliqués individuellement et collectivement comme consommateur (investisseur), il n’y aura pas d’impact positif sur la planète.

Nous aurons donc besoin d’initiatives intéressantes comme celle-ci qui nous vient de la Finlande. En effet, « Afin d’inciter à la réduction des émissions de carbone, la ville de Lahti, en Finlande, offre à ses habitants des titres de transport et des denrées alimentaires comme récompenses au titre d’écocitoyens.[19] ».

En bref, tout comme l’objectif d’atteindre le poids santé idéal, cela ne se fait pas sans effort et sacrifices, c’est à nous de questionner et de suivre ces organisations et gouvernements, mais c’est aussi à nous de changer nos comportements néfastes pour notre terre.

À défaut, cela sera… Sorry EARTH, but It’s the economy(Désolé la TERRE, mais c’est l’économie…)


[1] Traduction libre : C’est l’économie, stupide !

[2] https://en.wikipedia.org/wiki/It’s_the_economy,_stupid

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/George_H._W._Bush

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/George_W._Bush

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Clinton

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Exxon_Valdez

[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Mar%C3%A9e_noire_%C3%A0_l’%C3%AEle_Maurice

[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_ferroviaire_de_Lac-M%C3%A9gantic

[9] https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-08-16/caisse-de-depot-investir-dans-la-transition-energetique.php

[10] https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-08-16/caisse-de-depot-investir-dans-la-transition-energetique.php

[11] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/754913/accord-final-climat-conference-paris?fromApp=appInfoIos&partageApp=appInfoiOS&accesVia=partage

[12] https://plus.lapresse.ca/screens/14127baf-cebd-4e3b-bec5-27fce1702e6c__7C___0.html?utm_content=email&utm_source=lpp&utm_medium=referral&utm_campaign=internal+share

[13] https://plus.lapresse.ca/screens/d588e45c-8a0f-4d66-b43d-040d741ccfde__7C___0.html?utm_content=email&utm_source=lpp&utm_medium=referral&utm_campaign=internal+share

[14] https://plus.lapresse.ca/screens/a7dd7d29-705c-444a-beff-ca4fd63de988__7C___0.html?utm_content=email&utm_source=lpp&utm_medium=referral&utm_campaign=internal+share

[15] https://www.iso.org/fr/iso-26000-social-responsibility.html

[16] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/

[17] https://www.overshootday.org/

[18] https://fr.wikipedia.org/wiki/Greenwashing

[19] https://plus.lapresse.ca/screens/342fd68a-2a95-4bc0-91d4-020acdd2302d__7C___0.html?utm_content=email&utm_source=lpp&utm_medium=referral&utm_campaign=internal+share

Plus d’un investisseur sur quatre a des doutes face aux prétentions des fonds ISR

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

 

Plus d’un investisseur sur quatre a des doutes face aux prétentions des fonds ISR

Comme mentionné lors de mes différents articles sur mon blogue, j’ai entamé une recherche en lien avec la « finance responsable ». Le but de mon projet de recherche est de valider si des entreprises étiquetées comme étant « responsables » ont un effet positif dans le rendement du portefeuille d’investissement des Canadiens. Par « responsables », j’entends, durable, éthique, socialement responsable, etc.

Présentation de mon projet de recherche :

https://hexagoneconseils.ca/2018/10/08/mon-projet-de-recherche-universitaire/

Présentation de mes premiers constats :

https://hexagoneconseils.ca/2019/10/15/ma-recherche-sur-linvestissement-socialement-responsable-isr-mes-premiers-constats/

En mars 2020, j’ai effectué deux sondages sur les fonds ISR (Investissement socialement responsable), un pour les conseillers et un pour les investisseurs. Les sondages ont été disponibles pendant quelques mois, pandémie oblige et, en date du 1er juin 2020, j’ai compilé les résultats obtenus. Essentiellement, les deux sondages étaient les mêmes sauf pour les questions permettant de préciser l’expérience du conseiller ou de l’investisseur, selon le cas.

Vous comprendrez que ma recherche possède un budget très limité (lire, inexistant) et qu’ainsi, je suis aussi limité pour ce qui des sondages de masse, lesquels m’auraient permis une plus grande précision dans les résultats obtenus.

Néanmoins, avec une centaine de participants, 80% comme investisseurs et 20% comme conseillers, je suis persuadé que les résultats des sondages donnent une bonne idée de la perception des participants vis-à-vis les fonds ISR, malgré le fait que mes sondages ne rencontrent pas le test d’un sondage scientifique (nombre de participants peu élevé).

Cependant, je tiens à préciser que la prochaine étape de cette recherche consistera à une série d’entrevues individuelles auprès de conseillers et d’investisseurs, toujours sur les fonds ISR, afin d’en apprendre plus sur leurs perceptions face à ce type d’investissement.

Voici donc les questions des sondages, les réponses et l’interprétation que j’en ai faites :

Q1 – Comment évaluez-vous votre connaissance des fonds ISR?

62% des investisseurs considèrent qu’ils ont des connaissances faibles sur les fonds ISR, alors que moins de la moitié des conseillers prétendent en avoir de bonnes (44%), voire d’excellentes (6%).

Ce taux relativement élevé de manque de connaissances des fonds ISR de la part des investisseurs est en lien avec les observations au sein de l’industrie peuvent expliquer les réponses suivantes au sondage.

Q2 – Selon vous, est-ce que la décarbonisation est une façon de faire « ISR »?

La décarbonisation[1] est très incomprise autant par les investisseurs (84%) que les conseillers (82%) puisqu’une majorité des participants affirment que c’est une façon de faire ISR. En réalité, ce n’est pas le cas.

La majorité des manufacturiers de fonds ISR choisissent des entreprises qui respectent déjà les critères ISR ou qui démontrent des intentions de les respecter. Ces intentions sont examinées par les gestionnaires des fonds et ils décident s’ils acceptent l’entreprise pour ce qui est d’y investir.

Non seulement est-ce arbitraire, cela ne prend pas en considération les souhaits des investisseurs ou pire, ce qui arrive avec les entreprises qui dépendent du pétrochimique sans produire de « pétrole » pour autant. Un manufacturier de produits en plastique moulé est un exemple.

Q3 – Selon vous, un fonds ISR à un rendement annuel moyen…

Ici on constate que les gens du marketing des fonds ISR font un remarquable travail puisque 89% des conseillers et 52% des investisseurs croient que les rendements des fonds ISR sont égaux ou supérieurs aux rendements des fonds qui ne sont pas ISR.

Le problème c’est que la majorité des études pour évaluer les rendements ne tiennent pas compte de ce que la majorité des gens perçoivent comme digne d’un fonds ISR. L’exemple du pétrochimique en est un. Pour certains, si on inclut ce type d’entreprise, cela gâche tout et ce n’est pas ISR pour eux.

Comme je l’ai mentionné, les manufacturiers de fonds ISR ont la possibilité d’user de leur discrétion pour accepter une entreprise qui n’est pas ISR, mais qui fait des efforts pour y arriver. Ces efforts sont évalués par les gestionnaires du fonds ISR en fonction de leurs propres critères.

Finalement, lorsqu’on regarde la croissance des actifs dans les fonds ISR dans les dix dernières années, on en vient à penser que toutes les entreprises sont ISR tellement la croissance est incroyable. Pourtant, les gestionnaires de fonds ISR ne s’en cachent pas. Ils expliquent qui si on éliminait le pétrochimique des portefeuilles ISR sous gestion, il n’y aurait pas de rendement et les investisseurs iraient ailleurs[2].

Q4 – Selon vous, si l’entreprise A est cliente de l’entreprise B et que celle-ci (A) représente 80% du volume d’affaires (de B), devraient-elles être considérées comme faisant partie de la même industrie?

Alors que plus de 79% des conseillers croient que « oui », les investisseurs sont divisés (49-51). Lors de mes premiers constats sur ma recherche[3], j’ai mentionné qu’il était particulier qu’une entreprise n’ayant que des clients de l’industrie A puisse être considérée comme une entreprise de l’industrie B. Pourtant c’est le cas.

Actuellement, une entreprise de plomberie qui n’a que des clients de l’industrie pétrochimique ne serait pas considérée comme faisant partie de cette industrie. Cette situation amène donc plusieurs anomalies lorsque vient le temps d’analyser les composantes d’un fonds ISR.

Q5 – Selon vous, est-ce que tous les gestionnaires de fonds ISR adhèrent aux mêmes règles et aux mêmes façons de choisir les entreprises qu’ils sélectionnent?

Ici, les conseillers (90%) et les investisseurs (81%) croient que les gestionnaires n’adhèrent pas aux mêmes règles. Ce qui est le cas, comme je l’ai mentionné plus tôt puisque chaque gestionnaire est libre d’interpréter les efforts des différentes entreprises qu’il analyse par rapport au respect des règles ISR.

Ainsi, trois fonds ISR aux noms comparables, gérés par trois manufacturiers distincts (ex. Desjardins, Banque Nationale et Banque de Montréal) pourraient avoir des entreprises différentes dans le sens d’entreprises qui qualifieraient pour le fonds ISR d’un manufacturier, mais pas pour l’autre. Alors, comment comparer les rendements?

Imaginez le dilemme éthique lorsque l’une des entreprises étudiées pour l’inclusion dans un fonds ISR du manufacturier est aussi une importante entreprise emprunteuse de la société mère de ce même manufacturier de fonds. Une norme appliquée uniformément par tous les manufacturiers éviterait ces situations.

Q6 – Selon vous, une entreprise de l’industrie pétrolière a-t-elle sa place dans un Fonds ISR?

Alors que 70% des conseillers croient que « oui », c’est « non » pour 70% des investisseurs. Un bel exemple entre ce qui est offert par les manufacturiers ISR et ce qui est souhaité par les investisseurs. Encore une fois, on ne parle même pas des entreprises qui dépendent de l’industrie pétrolière comme, celle des plastiques, des huiles, etc.

C’est probablement ce qui est le moins accepté par les investisseurs, malgré les explications offertes par les manufacturiers de fonds ISR. Pourtant, ceux-ci ne proposent pas des entreprises du tabac, mais sont confortables avec le pétrole, les mines et autres entreprises décriées par les investisseurs « verts ».

Q7 – Selon vous, une institution financière qui a comme client une entreprise ne qualifiant pas comme ISR perd-elle sont droit d’être considéré ISR aussi?

Autant pour les investisseurs (64%) que les conseillers (75%), les participants s’entendent pour dire que l’institution financière ne devrait pas perdre son droit d’être considéré ISR même si elle finance des entreprises que devraient être exclues du ISR, comme les pétrolières.

Pourtant, sans financement bancaire, sans compte pour les transactions, aucune entreprise pétrolière ne pourrait opérer. Dans mes premiers constats[4], j’ai fait le lien avec les « vendeurs de drogues », c’est toujours aussi pertinent comme comparaison.

Q8 – Selon vous, un fonds spécialisé dans le « non ISR », comme les pétrolières, les minières, le tabac, les armes à feu, etc. auront un rendement annuel moyen…

Dans ce cas, 52% des investisseurs croient que les rendements « non ISR » sont plus élevés que les rendements ISR. Chez les conseillers, c’est 39%, mais c’est la même hypothèse qui remporte le plus de votes.

Ironiquement, avec des fonds ISR qui acceptent des entreprises qui ne devraient pas être acceptées selon les investisseurs « verts », il devient difficile de vraiment comparer. Probablement que si les fonds ISR étaient « purs », les rendements des fonds « non ISR » seraient plus élevés.

Qui a dit que les valeurs étaient « payantes »? Les valeurs ne s’ajustent pas en fonction des rendements, il devrait en être ainsi pour les fonds ISR.

Q9 – Pour laquelle de ces raisons ne recommanderiez-vous pas des fonds ISR (Investissement socialement responsable)? (…raisons n’achèteriez-vous pas…) pour les investisseurs?

Ici nous avons un beau lien entre ce que les investisseurs répondent et les réponses des conseillers. Il semble que 63% des investisseurs n’achètent pas de fonds ISR par manque de connaissance (formation) alors que les conseillers nous informent que plus de 47% de ceux-ci n’en vendent pas à leurs clients, car cela ne les intéresse pas. Évidemment, si l’on ne connaît pas quelque chose, il est bien rare que cela va nous intéresser.

Une statistique très intéressante ici, près d’un participant sur quatre ne croit pas aux prétentions des fonds ISR, conseillers (24%) et investisseurs (28%). Probablement pour les raisons déjà mentionnées. Le manque d’une certaine transparence de la part des manufacturiers ISR combiné au sentiment de ne pas être entendus de la part des investisseurs (ex. entreprises pétrochimiques) et au besoin de formation pourrait expliquer ce manque de confiance.

Q10 – Vous êtes habiletés à conseiller l’achat et la vente de fonds depuis combien de temps? (…un investisseur…) pour les investisseurs?

L’expérience des investisseurs était variée au moment du sondage, 30% avaient plus de 11 ans d’investissements derrière eux alors que pour les conseillers, 47% avaient plus de 11 ans de conseils aux investisseurs.

Conclusion

Il semble bien que le fait de ne pas avoir d’uniformisation sur les normes dans la composition des fonds ISR amène une certaine confusion autant chez les investisseurs que les conseillers. Un peu plus d’uniformisation entre les différents fonds ISR permettrait aux investisseurs de mieux comparer le rendement des différents fonds ISR et ainsi, d’investir en toute connaissance.

Le manque de connaissance des différents fonds ISR et même des fonds ISR dans le sens large, combiné au manque de crédibilité de ce type de fonds pour certains investisseurs et conseillers, démontre qu’il y a encore beaucoup de travail d’éducation à faire.

L’article dans « Finance et investissement », au sujet des ESG (ISR), mentionne qu’il faut en parler[5], que les conseillers doivent se lancer, mais il semble y avoir aussi un certain niveau de condescendance de la part des manufacturiers de fonds ISR dans le fonctionnement des leurs fonds.

Les gestionnaires des fonds ISR font preuve de transparence et expliquent qu’ils agissent dans le meilleur intérêt des investisseurs et qu’ils savent mieux que ceux-ci, ce qui est approprié pour un fonds ISR. L’exemple du secteur pétrochimique (décarbonisation) en est un.

Il ne s’agit de débattre si les manufacturiers de fonds ISR ont raison, le problème est lié au fait que les investisseurs ont le sentiment de ne pas être écouté. Une division plus claire des différents types de fonds ISR permettrait aux investisseurs de s’y retrouver plus facilement, mais surtout, ils auraient le sentiment d’être écoutés.

Comme je l’ai déjà mentionné dans un article sur la décarbonisation[6], on pourrait fonctionner via trois types de placements : conforme ISR, en transition vers la conformité ISR et non conforme ISR.

Chaque investisseur pourrait pondérer son portefeuille en fonction de ses propres valeurs vis-à-vis chacune de ces trois catégories de placements. Par la suite, les différentes pondérations évolueraient dans le temps, selon le comportement des entreprises face aux normes ISR et à l’évolution des valeurs de chaque investisseur.

Qu’en pensez-vous? L’ensemble de votre portefeuille géré selon le bon vouloir du manufacturier OU un mixte des différentes catégories de fonds qui sont en lien avec vos valeurs?

 

Tableau des résultats des sondages (20200601)

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9carbonation

[2] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1127713/reer-verts-investissements-petrole-societerre-desjardins

[3] https://hexagoneconseils.ca/2019/10/15/ma-recherche-sur-linvestissement-socialement-responsable-isr-mes-premiers-constats/

[4] https://hexagoneconseils.ca/2019/10/15/ma-recherche-sur-linvestissement-socialement-responsable-isr-mes-premiers-constats/

[5] https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/lesg-il-faut-en-parler/

[6] https://hexagoneconseils.ca/2020/04/12/decarbonisation-impacts-sur-ma-retraite/

Le mirage du communisme

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

En suivant l’actualité pendant et avant la pandémie liée à la COVID-19, on dénote une tendance à vouloir revoir notre système économique. On martèle haut et fort que le capitalisme ou l’économie du libre marché si vous préférez, est responsable de tous les maux.

Avant la pandémie, c’était pour sauver la planète, laquelle ne pouvait survivre dans un système de croissance économique perpétuelle, la base d’un système capitaliste. On devait donc y mettre fin. Depuis la pandémie, le système capitaliste a le dos large, si vous permettez, et que cela soit via la mondialisation, le libre-échange ou la croissance économique, c’est le capitalisme qui serait la cause de tous nos problèmes.

À cela, il faut maintenant additionner des déficits aux proportions gigantesques, une remise en question des travailleurs qui se demandent pourquoi ils couraient toujours pour avoir du temps avec leur famille avant la pandémie. Aux conditions de vie annoncées dans un monde post-COVID-19 s’ajoutent l’environnement et la planète, toujours aussi négligés.

Ainsi, puisque c’est la faute du capitalisme, du laxisme de l’État (ex. : CHSLD), combiné aux écarts entre les riches et les pauvres qui sont accentués par la pandémie, on cherche un nouveau système économique qui nous permettra de regrouper tous ces problèmes et de les faire disparaître comme par magie, car… « Ça va bien aller! ».

Cela me rappelle les résolutions du Nouvel An, les engagements que l’on prend envers soi-même au lendemain d’une cuite. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, mes résolutions et mes engagements lors de mes lendemains de veille n’ont jamais été un succès!

Perspective monde de l’Université de Sherbrooke définit le socialisme et le communisme comme suit « Dans le socialisme, l’État constitue le maître d’œuvre de l’activité économique et sociale dans la mesure où il est le propriétaire des moyens de production. Dans le communisme, l’État n’existerait cependant plus ; la communauté aurait établi des mécanismes de régulation et d’autodiscipline sans qu’on ait recours à une entité étatique.[1] ».

Dans le système économique parfait (lire, utopique), on se débarrasserait de l’État, reconnu pour son laxisme. On éliminerait le système capitaliste, reconnu pour n’être bon que pour les riches et on sauverait la planète de la croissance économique perpétuelle.

En théorie, le système parfait serait donc basé sur une sorte de communisme. En réalité, c’est un mirage. Un mirage que les moins jeunes ont connu sous les formes de l’URSS, de la Chine de Mao, du Vietnam ou encore, de Cuba.

Comme dans tout système, il y a du bon, mais il y a du moins bon et dans celui-ci, beaucoup de moins bon… particulièrement pour les individus qui y perdent leur liberté de choix, une liberté combien importante, mais inappréciée par beaucoup de citoyens vivants dans des pays où leurs droits et libertés sont protégés.

Le système capitaliste n’est pas parfait, mais il nous donne la chance de faire des choix et de les assumer. C’est probablement cette difficulté d’assumer nos obligations qui vont avec nos choix qui nous fait défaut. On se rappelle nos droits, mais on oublie facilement nos obligations.

On blâme les méchants « Walmart », mais le stationnement est toujours plein (avant la pandémie). On parle de voitures électriques, mais le Ford F-150 est toujours le camion le plus vendu année après année. On encourage l’achat local, mais on choisit le bien produit à l’étranger, car il coûte moins cher puisque les producteurs étrangers ont tendance à ne pas respecter nos lois sur l’environnement et nos conditions de travail pour leurs employés.

En bref, on fait de l’aveuglement volontaire. Le communiste ou toutes formes de système économique semblable ne changeront qu’une chose. Si vous choisissez l’aveuglement volontaire au niveau des règles de vie de ce nouveau système, les pénalités pour vous remettre dans « le droit chemin » seront létales. Il ne peut en être autrement dans un tel système.

Imaginez ce qui arrivait à un citoyen de l’URSS qui était pris à faire ce que nous appelons « travailler au noir », à ceux qui portent ou ne portent pas le masque, selon la doctrine choisie par l’État, à ceux qui ne sont tout simplement par en accord avec la politique officielle malgré des arguments tout à fait valides?

Il est beaucoup plus efficace d’améliorer son alimentation et de faire un peu d’exercice pour perdre du poids que de dépenser pour une pilule coupe-faim ou pire, un appareil qui nous donne des chocs électriques pendant qu’on est assis à regarder une émission de télévision.

Avant de souhaiter un nouveau système miracle comme si c’était un régime alimentaire, rappelons-nous qu’il est beaucoup plus réaliste de corriger celui que nous avons déjà et qui nous permet la liberté de choix.

Qu’en pensez-vous ? Pouvons-nous devenir responsables dès maintenant?

 

 

[1] http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1635

Maslow et l’environnement

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

Maslow et l’environnement

Une bonne partie de la population a entendu parler de la « Pyramide de Maslow[1] ». Disons que sa pyramide est utilisée à toutes les sauces, alors pourquoi ne pas l’adapter à l’environnement, plus encore, à notre intérêt envers la planète.

La pyramide explique la hiérarchie des besoins de l’être humain en fonction de sa propre évolution, qu’elle soit financière ou spirituelle, à chacun de choisir.

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À la base de la pyramide, nous retrouvons les besoins physiologiques, suivis des besoins de sécurité, des besoins d’appartenance et d’amour, du besoin d’estime et finalement, du besoin d’accomplissement de soi.

Sans tomber dans la théorie, on comprendra qu’avant d’avoir pu combler les besoins physiologiques et les besoins de sécurité, il est difficile pour la très grande majorité des êtres humains de se préoccuper d’enjeux en lien avec l’environnement.

Actuellement, l’engagement envers l’environnement tient beaucoup dans les besoins d’appartenance et d’amour. C’est la mode, tout le monde en parle, tout le monde le fait, fais-le donc! Force est de constater que plusieurs le disent, mais pas tous le font, comme je l’ai déjà mentionné dans l’un de mes articles[2]. On le fait, tant qu’il ne faut pas trop changer nos habitudes.

Souvent, lorsqu’une nouvelle entreprise s’installe dans un coin de pays, on parle beaucoup plus de création d’emplois[3] que de l’historique de respect des lois sur l’environnement de cette même entreprise. Il faut bien manger les gens vous diront.

Le besoin suivant, celui d’estime, est la raison pour laquelle plusieurs personnes très engagées dans la cause de l’environnement le font. Sans nommer personne, nous n’avons qu’à regarder les médias et les experts cités tombent sans doute dans cette catégorie. Pour eux, l’environnement ce n’est pas une mode, c’est pratiquement une religion.

Finalement au firmament des besoins trône le besoin d’accomplissement de soi. Un individu comme David Suzuki[4] serait sans doute l’une des meilleures représentations. Lorsqu’on parle d’environnement, il est beaucoup plus qu’une sommité, si la catégorie précédente fait le lien avec la religion, ici, David Susuki, c’est le pape de l’environnement!

Oui, je sais. Qu’en est-il de Greta Thunberg[5]. Je vous répondrai que lorsque cette dernière aura les états de services envers l’environnement comme c’est le cas pour David Susuki; il me fera plaisir de l’ajouter dans cette catégorie.

COVID-19[6], Maslow et l’environnement

La pandémie reliée au COVID-19 nous amène à craindre que les avancées des dernières années au sujet de l’environnement soient à risque d’être anéanti. Non seulement par le fait qu’actuellement nous ne parlons que de la pandémie, mais qu’après celle-ci, viendront les impacts financiers mondiaux, désastreux pour nos réalisations.

Lorsqu’on revient aux besoins de base de l’être humain, physiologiques et de sécurité, on comprend qu’une crise financière mondiale remettra en cause la réalisation de ces besoins chez de nombreuses personnes. Ainsi, la réalisation du besoin en lien avec l’appartenance et l’amour ne sera plus une priorité donc, l’environnement écopera.

En effet, sans revenus et après avoir perdu une partie de ses épargnes, la population sera beaucoup plus sensible à la création d’emplois qu’aux enjeux environnementaux. La priorité sera au niveau des revenus d’emplois et non sur l’habitude de l’entreprise à respecter ou non les différentes lois sur l’environnement.

Une preuve qu’à la base, on se préoccupe plus de nos besoins physiologiques et de sécurité, c’est la création du « Panier bleu » par le gouvernement du Québec et l’importance de l’achat local. D’ailleurs, mon collègue, le professeur Denis Robichaud de l’Université TÉLUQ a écrit un bel article au sujet de l’achat local[7].

Cet article fut cité par plusieurs de nos concitoyens, tous convaincus que maintenant, ils allaient privilégier l’achat local et que de toute façon, si nos entreprises locales avaient des difficultés, c’était à cause des « Walmart de ce monde » et non à cause de notre tendance à en vouloir le plus possible pour notre argent. Blâmons les grandes surfaces, mais ne nous blâmons surtout pas.

Ce faisant, pour ce qui est de prioriser l’environnement, allons-nous encourager une entreprise locale respectant les critères environnementaux et punir une entreprise étrangère qui n’en respecte aucun, mais dont les prix de ces produits sont moindres que ceux offerts par cette même entreprise locale?

Avant la pandémie, plusieurs des arguments des scientifiques et des environnementalistes étaient complètement ignorés par une partie de la population, incluant des décideurs. Si la situation était telle pendant une des plus longues prospérités économiques au niveau de la planète, imaginez comment ces mêmes arguments seront reçus pendant ce qui s’annonce comme l’une des pires récessions mondiales.

Allez à l’encontre de Maslow

La seule façon de ne pas perdre les acquis qui ont été faits au cours des dernières années serait d’aller à l’encontre de Maslow, à l’encontre de nos propres besoins comme être humain. De mettre les besoins de l’être humain de demain devant les besoins de l’être humain d’aujourd’hui.

Comment aller à l’encontre de nos peurs, de nos voisins, de certains membres de notre famille et même de certains de nos collègues de travail? Par des arguments scientifiques. Cette pandémie mondiale aura au moins permis de prouver que plusieurs des arguments des scientifiques et des environnementalistes étaient fondés.

Déjà, plusieurs experts font des liens entre la pandémie COVID-19 et l’environnement. Ils prétendent que c’est le non-respect de notre planète[8] qui nous a amené cette pandémie. D’autres vous diront que c’est la mondialisation[9] alors que pour certains, c’est la consommation[10], lire le capitalisme[11]. Pour d’autres, c’est la surpopulation[12].

Ainsi, le fait d’avoir notre première pandémie mondiale de l’aire moderne a permis de démontrer que c’était non seulement possible et à moins de changer nos habitudes, il y en aura d’autres. J’ai beau dire que c’est notre première pandémie et que l’on sera meilleur pour la prochaine, l’idéal serait de ne pas avoir de prochaine!

Le défi de changer demeure, comme le mentionnent si brillamment deux collègues universitaires dans un article récemment publié[13], historiquement nous avons fait face à des pandémies, mais nous n’avons pas adopté les changements nécessaires par la suite.

Une piste de solution

Le Dr Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique et sous-ministre adjoint à la Direction générale de la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, nous a mis sur la bonne piste avec son épinglette aux nombreuses couleurs.

Tout comme le mentionnaient récemment Emmanuelle Létourneau et Rosalie Vendette dans un article[14], la solution débute avec cette épinglette représentant les objectifs de développement durable des Nations Unies, lesquelles proposent 17 objectifs pour sauver le monde[15].

Ces objectifs de développement durable nous donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice.

Interconnectés pour ne laisser personne de côté, ces objectifs démontrent qu’il est important d’atteindre chacun d’entre eux, et chacune de leurs cibles, d’ici à 2030.

Si notre pays et nous-mêmes y adhérons, cela sera le début d’un changement.

 

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins

[2] https://hexagoneconseils.ca/2020/02/17/je-suis-catholique-mais-je-ne-pratique-pas/

[3] https://www.lapresse.ca/environnement/economie/201903/09/01-5217683-projet-gazier-le-saguenay-leconomie-ou-lenvironnement.php

[4] https://fr.davidsuzuki.org/la-fondation/

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Greta_Thunberg

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_maladie_%C3%A0_coronavirus_de_2019-2020

[7] https://www.journaldequebec.com/2020/04/20/la-covid-19-la-chine-walmart-et-le-centre-dachats-des-colocs-contre-leconomie-locale?fbclid=IwAR0C75mhXcdVC1-GULEINULi2m7cW7nyVcDHyoYVlU5v_ICsuNiD00_JFTs

 

[8] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1689161/coronavirus-environnement-deforestation-animaux-biodiversite-braconage?fromApp=appInfoIos&partageApp=appInfoiOS&accesVia=partage

[9] https://www.journaldequebec.com/2020/03/31/legault-sattend-a-une-demondialisation-apres-la-crise-1

[10] https://plus.lapresse.ca/screens/13228f82-8c98-4cd7-923d-52f14c499f0c__7C___0.html?utm_medium=Email&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen

[11] https://www.lapresse.ca/arts/litterature/202003/30/01-5267194-la-pandemie-declencheur-de-lesprit.php

[12] https://www.journaldemontreal.com/2020/03/26/sept-milliards-dhumains-sur-terre-sommes-nous-trop-nombreux

[13] https://www.lapresse.ca/covid-19/202004/30/01-5271633-changerons-nous-vraiment-.php

[14] https://www.lapresse.ca/debats/opinions/202005/02/01-5271900-lepinglette-dhoracio-arruda-une-source-dinspiration-pour-les-entreprises-et-les-financiers.php

[15] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/

Notre salut économique passe par la formation et non par le Panier bleu

par Clément Hudon, Pl. Fin., FCSI, BAA, M. Sc.
Professeur en planification financière
École des sciences de l’administration
Université TÉLUQ

À l’aube d’une crise économique sans précédent, on ne peut que saluer l’initiative d’achat local du gouvernement du Québec. Dans le but d’encourager la création et le maintien des emplois via l’achat local, le gouvernement du Québec a lancé le Panier bleu[1].

Malheureusement, cette approche a plusieurs limites. L’une des plus importantes est l’achat de biens produits à l’extérieur du Québec et du Canada. En effet, encourager l’achat des biens produits et des services offerts par nos concitoyens au lieu de favoriser l’importation est une excellente initiative.

Sans le nommer directement, on comprend que l’achat en ligne de type « Amazon » est visé par cette stratégie, mais ce type d’entreprise a plus de succès avec les biens produits à l’extérieur du pays qu’avec les biens produits localement.

À titre d’exemple, si je souhaite faire l’achat d’un disque dur portatif pour mon ordinateur, il est probable que ce bien est produit à l’extérieur du pays. Imaginons un prix d’achat de 10$ via « Amazon », laquelle me livre le bien en question, directement à ma porte. Imaginons que le même bien est offert au prix de 12$ par le détaillant local.

Je serai donc invité à encourager l’achat local et payer 2$ de plus pour le même bien. Je ne sais pas pour vous, mais je ne crois pas que la plupart des gens vont accepter de donner 2$ au détaillant local pour le même bien offert en ligne à 10$.

Sans tomber dans l’absurde, certains diront que si j’achète les ingrédients chez l’épicier en ligne pour faire ma recette préférée, laquelle est aussi offerte par mon restaurant local, à un coût de 5$ de plus par portion, devrais-je lui remettre ce 5$, car je me suis fait livrer les ingrédients?

Comme je l’ai déjà mentionné dans un autre article[2], il n’y a actuellement aucune taxe pour compenser les impacts environnementaux d’avoir acheté mon bien produit à l’extérieur du pays et de l’avoir fait livrer directement à ma porte. Une telle taxe permettrait d’obtenir une meilleure comparaison des prix pour les biens offerts localement, surtout, si on y ajoute une taxe en lien avec le respect de nos lois sur l’environnement ou encore mieux, les mêmes règles que pour l’investissement responsable.

Pour ce qui est de l’idée de limiter ou taxer les biens étrangers, du protectionnisme en quelque sorte, ce n’est pas une possibilité puisque le Canada est un pays exportateur de plusieurs biens partout dans le monde, surtout aux États-Unis. La fermeture de nos frontières aurait des conséquences pour plusieurs secteurs de notre économie et nous y perdrions au change. Pensons simplement à nos différentes ententes de libre-échange, l’exemple même du non-protectionnisme.

Évidemment, certains mentionneront que la pandémie liée au COVID-19 sonne le glas de la mondialisation. Cela est peu probable et même si nous avons constaté que nous ne pouvions pas être dépendants des autres pays pour certains biens (ex. les masques), il nous sera impossible d’être totalement autonome pour tout ce que nous consommons comme biens.

En bref, l’achat local pour les biens et services produits localement a plein de sens, mais cette stratégie ne fonctionne plus lorsque les biens proviennent de l’étranger. La solution pour sauver l’ensemble des travailleurs du commerce de détail? Il n’y en a pas. Le monde a changé et nous devrons trouver d’autres avenues pour ces travailleurs qui seront touchés par la nouvelle réalité économique, tout comme nous l’avons fait pour ceux qui produisaient naguère, le « Buggy Whip[3] » (fouet de cocher).

Quelles sont les avenues possibles? Il y a en a plusieurs puisqu’alors que certains secteurs cesseront de croître, d’autres débuteront, mais l’une se démarque, la formation : formation continue, formation d’appoint, formation professionnelle, formation universitaire, etc.

Il fut un temps ou lorsque l’on terminait l’école, qu’on eût fini le secondaire, le collégial ou même l’université, c’était terminé. On avait le bagage académique nécessaire pour entreprendre notre carrière, celle qu’on avait choisie en fonction du travail souhaité. Aujourd’hui, les règles ont changé. La formation continue ou continuelle est la nouvelle norme, norme qui devra être soutenue fiscalement tout au long de notre carrière.

Les gouvernements devront encourager financièrement, via les coûts de formations et des crédits d’impôt, nos concitoyens touchés par ces changements à retourner sur les bancs d’école. À être formé pour les besoins actuels des entreprises, mais aussi, pour les besoins futurs, car notre société continuera d’évoluer.

Les entreprises aussi devront soutenir leurs employés dans leur formation continue, mais aussi dans la transition afin de passer d’un rôle à un autre plus facilement. Actuellement, les entreprises ont encore tendance à pratiquer ce que j’appelle le « typecasting »[4].

Le « typecasting », c’est ce qui arrive lorsque les recruteurs ont un penchant à voir un individu dans un certain rôle et qu’ils ont de la difficulté à l’imaginer dans un autre. Un exemple très simpliste. Vous étiez plombier et à la suite de votre nouvelle formation, vous êtes maintenant qualifié comme électricien.

Bien que vous postuliez sur des postes d’électricien, on vous regarde toujours comme un plombier et on vous sort toutes sortes d’arguments comme quoi votre expérience de plombier ne peut vous aider dans votre nouveau rôle d’électricien.

Comme si cela n’était pas assez, dès qu’un individu atteint l’âge de 50 ans, on pense à lui comme à un futur retraité. Pourtant « Liberté 55[5] » n’est qu’un concept de marketing puisque la majorité des gens accèdent à la retraite dans la mi-soixantaine. Ainsi, si vous êtes dans la cinquantaine et que vous venez de vous réorienter dans un nouveau domaine, vous faites face à un double défi.

C’est cet aspect que les entreprises doivent corriger. Un individu qui a fait les efforts nécessaires à réorienter sa carrière ne devrait pas avoir un obstacle supplémentaire en étant perçu comme arrivant en fin de carrière. Pire encore, être perçu comme une menace pour un nouveau gestionnaire souvent plus jeune que le candidat.

Notre gouvernement devrait-il baser sa stratégie pour la reprise économique sur l’achat local ou sur la formation des travailleurs?

 

 

[1] https://lepanierbleu.ca/

[2] https://hexagoneconseils.ca/2019/10/15/ma-recherche-sur-linvestissement-socialement-responsable-isr-mes-premiers-constats/

[3] https://www.vocabulary.com/dictionary/buggy%20whip

[4] https://hexagoneconseils.ca/2018/07/10/les-effets-du-typecasting/

[5] https://www.freedom55financial.com/fr.html